Kuran – Sure 2 – Ayet 1

Sure 2 — İnekMedine vahyi · 286 ayet

2. sure, Al-Baqarah (“Bakara”) olarak bilinir ve Kur’an’ın en uzun suresidir.

Müminlerin dinî, hukukî ve toplumsal düzeni için temel bir metin niteliğindedir.

Büyük ölçüde Medine’de vahyedilmiş olup iman, şeriat, ahit, namaz, oruç ve Yahudi ile Hristiyan gelenekleriyle ilişki gibi başlıca temaları işler.

Quran-002-001
Sourate 2 · Verset 1 · 6 min de lecture
الم
Alif · Lām · Mīm
« Alif. Lām. Mīm. »
En un mot — Trois lettres isolées ouvrent la plus longue sourate du Coran : une énigme au seuil du Livre.

Ce que dit le texte

Le premier verset de cette deuxième sourate ne contient ni affirmation, ni récit, ni commandement. Il se compose simplement de trois lettres de l’alphabet arabe prononcées séparément : Alif, Lām, Mīm. Ces lettres ne forment ni mot ni proposition, et les traductions du Coran les conservent telles quelles, faute de pouvoir les rendre autrement.

Cette ouverture surprend d’autant plus qu’elle se trouve au seuil de la plus longue sourate du Coran. Avant toute exhortation morale ou toute affirmation doctrinale, le texte commence par une séquence dont la fonction n’est pas expliquée. Le lecteur entre ainsi dans la sourate par un signe qui précède le discours lui-même.

Ce seuil singulier prépare pourtant ce qui va suivre. Dès le verset suivant, la sourate affirme : « Voilà le Livre : pas de doute en lui » (S. 2,2). La proclamation de certitude vient donc immédiatement après une ouverture qui, elle, demeure totalement obscure.

Ce que le Coran dit ailleurs

Ces lettres appartiennent à un phénomène plus large dans le Coran. Vingt-neuf sourates commencent par de telles séquences, que la tradition islamique appelle al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, c’est-à-dire les « lettres séparées » ou les « lettres isolées ». Leur présence ne se limite donc pas à un cas isolé, mais constitue un motif récurrent dans la structure du texte coranique.

Ces séquences prennent des formes diverses. Certaines sourates commencent par une seule lettre, comme Nūn (S. 68,1), d’autres par deux comme Ṭā-Hā (S. 20,1), tandis que certaines en présentent trois, quatre ou cinq, comme Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). La diversité des combinaisons montre qu’il ne s’agit pas d’une formule unique répétée mécaniquement.

Malgré cette variété, le texte ne fournit jamais d’explication directe. Les lettres apparaissent au début d’une' sourate puis le discours coranique se poursuit sans autre forme de commentaire. Le lecteur rencontre ainsi un élément récurrent dont la fonction reste implicite dans le texte lui-même.

Ce que la tradition islamique en a dit

Très tôt, les commentateurs musulmans ont cherché à expliquer ces lettres. Certains ont pensé qu’il s’agissait d’initiales ou d’abréviations renvoyant à des noms divins ou à des formules connues. Une tradition rapportée par al-Ṭabarī attribue ainsi à Ibn ʿAbbās l’interprétation suivante : Alif-Lām-Mīm signifierait anā Allāh aʿlam, c’est-à-dire : « Moi, Allâh, je sais »1.

D’autres exégètes ont refusé de fixer une explication précise. Selon eux, ces lettres ont bien un sens, mais ce sens est connu d’Allâh seul et l’homme n’y a pas accès. Cette position est restée très influente, justement parce qu’elle permet de préserver le mystère sans prétendre le résoudre.

Dans la pratique croyante, ces lettres sont récitées comme le reste du Coran. Leur présence n’est donc pas seulement un problème d’interprétation, mais aussi un élément de la prière. Un hadith rapporté par al-Tirmidhī affirme en effet que chaque lettre du Livre procure une récompense spirituelle, même lorsque le sens n’est pas compris2.

Ce que l’histoire permet d’observer

Les chercheurs modernes ont eux aussi proposé diverses hypothèses. Certains orientalistes ont suggéré qu’il pouvait s’agir d’anciennes marques de scribes, de signes de transmission ou de notations liées à l’histoire manuscrite du texte3. D’autres ont proposé des lectures liturgiques, symboliques ou même cryptographiques.

Pourtant, aucune de ces hypothèses n’a fini par s’imposer. Les propositions sont nombreuses, parfois ingénieuses, mais aucune ne permet de conclure avec certitude. Après des siècles d’étude, ces lettres restent donc sans explication unanimement reconnue, ni dans la tradition musulmane ni dans la recherche critique.

Ce constat mérite d’être relevé. L’exégèse coranique est l’une des traditions interprétatives les plus vastes et les plus sophistiquées de l’histoire religieuse. Pourtant, dès le premier verset de la plus longue sourate du Coran, elle se heurte à un seuil qu’elle ne parvient pas à franchir pleinement.

Ce que ce texte met en tension

Une première tension apparaît à l’intérieur du Coran lui-même. Le texte coranique affirme en plusieurs endroits être clair, explicite et donné afin d’être compris. On lit par exemple : « Voici les versets d’un Livre explicite » (S. 12,1), puis : « Nous l’avons fait descendre comme un Coran arabe afin que vous compreniez » (S. 12,2).

Or le texte s’ouvre ici par une séquence dont le sens demeure inconnu. Depuis des siècles, personne n’a pu en donner une explication certaine et reconnue par tous. Il y a donc une vraie question : comment un Livre qui se présente comme clair peut-il commencer par ce que ni le texte ni la tradition n’expliquent vraiment ?

La difficulté dépasse le seul cas d’Alif-Lām-Mīm. Elle touche à la nature même de la révélation coranique. Une parole divine doit-elle être immédiatement intelligible, ou bien peut-elle demander l’adhésion avant même d’avoir livré son sens ?

Ce que l’on connaissait déjà

La Bible reconnaît elle aussi que Dieu dépasse la compréhension humaine. Le prophète Isaïe rapporte cette parole divine : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins »4. De même, saint Paul s’écrie : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! »5.

Dans la tradition biblique également, la lettre peut jouer un rôle structurant dans l’expression de la révélation. Certains psaumes sont ainsi construits selon l’ordre de l’alphabet hébreu : chaque vers ou chaque strophe commence par une lettre différente. Le Psaume 118 [119], par exemple, est organisé en vingt-deux sections correspondant aux vingt-deux lettres de l’alphabet6.

Mais la Bible insiste en même temps sur la nécessité de comprendre la parole révélée. Lorsque l’eunuque éthiopien lit Isaïe, Philippe lui demande : « Comprends-tu ce que tu lis ? »7. Le mystère n’abolit donc pas l’intelligence, mais appelle au contraire une parole qui s’ouvre et se laisse interpréter.

Ce que cette lecture éclaire

Ces trois lettres posent finalement une question plus large que leur seule énigme. Elles obligent à s’interroger sur le rapport entre révélation, mystère et compréhension. Ici, la confiance semble précéder l’explication, et la soumission au texte précède l’intelligence de ce qu’il dit.

La tradition chrétienne connaît elle aussi le mystère de la Parole divine. Mais elle l’exprime autrement, car le Verbe de Dieu n’est pas d’abord une suite de lettres ni même un livre : il est une Personne : « le Verbe s’est fait chair »8.

Dès lors, le mystère ne demeure pas seulement un signe à réciter ou une énigme à contempler. Il devient une rencontre, une présence, un visage. La question reste donc ouverte : la parole divine est-elle faite pour demeurer fermée, ou pour se révéler pleinement dans une personne ?

En EN
Surah 2 · Verse 1 · 6 min reading
الم
Alif · Lām · Mīm
“Alif. Lām. Mīm.”
In a word — Three isolated letters open the longest surah of the Qur’an: an enigma at the threshold of the Book.

What the text says

The first verse of this second surah contains neither statement, nor narrative, nor command. It simply consists of three letters of the Arabic alphabet pronounced separately: Alif, Lām, Mīm. These letters form neither a word nor a sentence, and translations of the Qur’an preserve them as they are, since they cannot really be rendered otherwise.

This opening is all the more surprising because it stands at the threshold of the longest surah of the Qur’an. Before any moral exhortation or doctrinal statement, the text begins with a sequence whose function is not explained. The reader thus enters the surah through a sign that precedes the discourse itself.

This singular threshold nevertheless prepares what follows. From the very next verse, the surah declares: “This is the Book in which there is no doubt” (S. 2:2). The proclamation of certainty therefore comes immediately after an opening that itself remains completely obscure.

What the Qur’an says elsewhere

These letters belong to a broader phenomenon within the Qur’an. Twenty-nine surahs begin with such sequences, which the Islamic tradition calls al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, meaning the “separated letters” or “isolated letters.” Their presence is therefore not an isolated case but a recurring feature in the structure of the Qur’anic text.

These sequences take various forms. Some surahs begin with a single letter, such as Nūn (S. 68:1); others with two, such as Ṭā-Hā (S. 20:1); while some present three, four, or five, such as Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19:1). The diversity of combinations shows that this is not a single formula repeated mechanically.

Despite this variety, the text never provides a direct explanation. The letters appear at the beginning of a surah, and then the Qur’anic discourse continues without any further comment. The reader thus encounters a recurring element whose function remains implicit within the text itself.

What the Islamic tradition has said

Very early on, Muslim commentators tried to explain these letters. Some suggested that they were initials or abbreviations referring to divine names or known formulas. A tradition reported by al-Ṭabarī, for example, attributes to Ibn ʿAbbās the following interpretation: Alif-Lām-Mīm would mean anā Allāh aʿlam, that is: “I, Allah, know best.”1.

Other exegetes refused to assign any precise explanation. According to them, these letters do indeed have a meaning, but that meaning is known to Allah alone and remains inaccessible to human beings. This position has remained highly influential, precisely because it preserves the mystery without claiming to resolve it.

In religious practice, these letters are recited like the rest of the Qur’an. Their presence is therefore not only a matter of interpretation but also an element of prayer. A hadith reported by al-Tirmidhī states that every letter of the Book brings spiritual reward, even when its meaning is not understood2.

What history allows us to observe

Modern researchers have also proposed various hypotheses. Some orientalists have suggested that these might be ancient scribal marks, transmission signs, or notations connected with the manuscript history of the text3. Others have proposed liturgical, symbolic, or even cryptographic interpretations.

Yet none of these hypotheses has ultimately prevailed. The proposals are numerous, sometimes ingenious, but none allows a definitive conclusion. After centuries of study, these letters therefore remain without a unanimously accepted explanation, neither within the Muslim tradition nor within critical research.

This observation is worth noting. Qur’anic exegesis is one of the most extensive and sophisticated interpretative traditions in religious history. Yet from the very first verse of the longest surah of the Qur’an, it encounters a threshold it has not been able to cross fully.

What this text brings into tension

A first tension appears within the Qur’an itself. The Qur’anic text repeatedly claims to be clear, explicit, and given so that it may be understood. For example: “These are the verses of a clear Book” (S. 12:1), and then: “We have sent it down as an Arabic Qur’an so that you may understand” (S. 12:2).

Yet here the text opens with a sequence whose meaning remains unknown. For centuries, no one has been able to provide an explanation that is certain and universally recognized. A genuine question therefore arises: how can a Book that presents itself as clear begin with something that neither the text nor the tradition truly explains?

The difficulty goes beyond the case of Alif-Lām-Mīm alone. It touches the very nature of Qur’anic revelation. Should a divine word be immediately intelligible, or can it require assent before it has even revealed its meaning?

What was already known

The Bible also acknowledges that God surpasses human understanding. The prophet Isaiah reports this divine word: “My thoughts are not your thoughts, neither are your ways my ways”4. Likewise, Saint Paul exclaims: “Oh, the depth of the riches and wisdom and knowledge of God! How unsearchable are his judgments and how inscrutable his ways!”5.

In the biblical tradition as well, the letter can play a structuring role in expressing revelation. Some psalms are built according to the order of the Hebrew alphabet: each verse or stanza begins with a different letter. Psalm 118 [119], for example, is organized into twenty-two sections corresponding to the twenty-two letters of the alphabet6.

At the same time, the Bible insists on the necessity of understanding the revealed word. When the Ethiopian eunuch reads Isaiah, Philip asks him: “Do you understand what you are reading?”7. Mystery therefore does not abolish intelligence; rather, it calls for a word that opens itself and allows interpretation.

What this reading sheds light on

These three letters ultimately raise a broader question than their own enigma. They compel us to reflect on the relationship between revelation, mystery, and understanding. Here, trust seems to precede explanation, and submission to the text precedes understanding of what it says.

The Christian tradition also knows the mystery of the divine Word. Yet it expresses it differently, because the Word of God is not first a sequence of letters or even a book: it is a Person: “The Word became flesh.”8.

From that point on, the mystery is no longer merely a sign to be recited or an enigma to be contemplated. It becomes an encounter, a presence, a face. The question therefore remains open: is the divine word meant to remain closed, or to reveal itself fully in a person?

References

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān: “Ibn ʿAbbās said: Alif-Lām-Mīm means: I am Allah, the All-Knowing.” — Example of an early interpretation of the isolated letters.

2 Al-Tirmidhī, Sunan: “I do not say that Alif-Lām-Mīm is one letter; Alif is a letter, Lām is a letter, Mīm is a letter.” — Each letter recited is considered meritorious.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns: Hypothesis of ancient marks linked to manuscript transmission. — Modern research has proposed several explanations without reaching a definitive conclusion.

4 Isaiah 55:8-9: “My thoughts are not your thoughts, neither are your ways my ways.” — God surpasses human understanding.

5 Romans 11:33: “Oh, the depth of the riches and wisdom and knowledge of God! How unsearchable are his judgments and how inscrutable his ways!” — Divine wisdom surpasses human intelligence.

6 Psalm 119 [118]: alphabetic psalm where each stanza follows the order of the Hebrew alphabet — example of the symbolic use of the alphabet in biblical prayer.

7 Acts 8:30-31: “Do you understand what you are reading?” — Revelation also calls for understanding.

8 John 1:14: “And the Word became flesh.” — In the Christian faith, the Word becomes a person.

Sourate 2 – Verset 1
الم
Alif · Lām · Mīm
« Alif. Lām. Mīm. »
En un mot — Trois lettres isolées ouvrent la plus longue sourate du Coran : une énigme au seuil du Livre.

Ce que dit le texte

Le premier verset de cette deuxième sourate ne contient ni affirmation, ni récit, ni commandement. Il se compose simplement de trois lettres de l’alphabet arabe prononcées séparément : Alif, Lām, Mīm. Ces lettres ne forment ni mot ni proposition, et les traductions du Coran les conservent telles quelles, faute de pouvoir les rendre autrement.

Cette ouverture surprend d’autant plus qu’elle se trouve au seuil de la plus longue sourate du Coran. Avant toute exhortation morale ou toute affirmation doctrinale, le texte commence par une séquence dont la fonction n’est pas expliquée. Le lecteur entre ainsi dans la sourate par un signe qui précède le discours lui-même.

Ce seuil singulier prépare pourtant ce qui va suivre. Dès le verset suivant, la sourate affirme : « Voilà le Livre : pas de doute en lui » (S. 2,2). La proclamation de certitude vient donc immédiatement après une ouverture qui, elle, demeure totalement obscure.

Ce que le Coran dit ailleurs

Ces lettres appartiennent à un phénomène plus large dans le Coran. Vingt-neuf sourates commencent par de telles séquences, que la tradition islamique appelle al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, c’est-à-dire les « lettres séparées » ou les « lettres isolées ». Leur présence ne se limite donc pas à un cas isolé, mais constitue un motif récurrent dans la structure du texte coranique.

Ces séquences prennent des formes diverses. Certaines sourates commencent par une seule lettre, comme Nūn (S. 68,1), d’autres par deux comme Ṭā-Hā (S. 20,1), tandis que certaines en présentent trois, quatre ou cinq, comme Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). La diversité des combinaisons montre qu’il ne s’agit pas d’une formule unique répétée mécaniquement.

Malgré cette variété, le texte ne fournit jamais d’explication directe. Les lettres apparaissent au début d’une' sourate puis le discours coranique se poursuit sans autre forme de commentaire. Le lecteur rencontre ainsi un élément récurrent dont la fonction reste implicite dans le texte lui-même.

Ce que la tradition islamique en a dit

Très tôt, les commentateurs musulmans ont cherché à expliquer ces lettres. Certains ont pensé qu’il s’agissait d’initiales ou d’abréviations renvoyant à des noms divins ou à des formules connues. Une tradition rapportée par al-Ṭabarī attribue ainsi à Ibn ʿAbbās l’interprétation suivante : Alif-Lām-Mīm signifierait anā Allāh aʿlam, c’est-à-dire : « Moi, Allâh, je sais »1.

D’autres exégètes ont refusé de fixer une explication précise. Selon eux, ces lettres ont bien un sens, mais ce sens est connu d’Allâh seul et l’homme n’y a pas accès. Cette position est restée très influente, justement parce qu’elle permet de préserver le mystère sans prétendre le résoudre.

Dans la pratique croyante, ces lettres sont récitées comme le reste du Coran. Leur présence n’est donc pas seulement un problème d’interprétation, mais aussi un élément de la prière. Un hadith rapporté par al-Tirmidhī affirme en effet que chaque lettre du Livre procure une récompense spirituelle, même lorsque le sens n’est pas compris2.

Ce que l’histoire permet d’observer

Les chercheurs modernes ont eux aussi proposé diverses hypothèses. Certains orientalistes ont suggéré qu’il pouvait s’agir d’anciennes marques de scribes, de signes de transmission ou de notations liées à l’histoire manuscrite du texte3. D’autres ont proposé des lectures liturgiques, symboliques ou même cryptographiques.

Pourtant, aucune de ces hypothèses n’a fini par s’imposer. Les propositions sont nombreuses, parfois ingénieuses, mais aucune ne permet de conclure avec certitude. Après des siècles d’étude, ces lettres restent donc sans explication unanimement reconnue, ni dans la tradition musulmane ni dans la recherche critique.

Ce constat mérite d’être relevé. L’exégèse coranique est l’une des traditions interprétatives les plus vastes et les plus sophistiquées de l’histoire religieuse. Pourtant, dès le premier verset de la plus longue sourate du Coran, elle se heurte à un seuil qu’elle ne parvient pas à franchir pleinement.

Ce que ce texte met en tension

Une première tension apparaît à l’intérieur du Coran lui-même. Le texte coranique affirme en plusieurs endroits être clair, explicite et donné afin d’être compris. On lit par exemple : « Voici les versets d’un Livre explicite » (S. 12,1), puis : « Nous l’avons fait descendre comme un Coran arabe afin que vous compreniez » (S. 12,2).

Or le texte s’ouvre ici par une séquence dont le sens demeure inconnu. Depuis des siècles, personne n’a pu en donner une explication certaine et reconnue par tous. Il y a donc une vraie question : comment un Livre qui se présente comme clair peut-il commencer par ce que ni le texte ni la tradition n’expliquent vraiment ?

La difficulté dépasse le seul cas d’Alif-Lām-Mīm. Elle touche à la nature même de la révélation coranique. Une parole divine doit-elle être immédiatement intelligible, ou bien peut-elle demander l’adhésion avant même d’avoir livré son sens ?

Ce que l’on connaissait déjà

La Bible reconnaît elle aussi que Dieu dépasse la compréhension humaine. Le prophète Isaïe rapporte cette parole divine : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins »4. De même, saint Paul s’écrie : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! »5.

Dans la tradition biblique également, la lettre peut jouer un rôle structurant dans l’expression de la révélation. Certains psaumes sont ainsi construits selon l’ordre de l’alphabet hébreu : chaque vers ou chaque strophe commence par une lettre différente. Le Psaume 118 [119], par exemple, est organisé en vingt-deux sections correspondant aux vingt-deux lettres de l’alphabet6.

Mais la Bible insiste en même temps sur la nécessité de comprendre la parole révélée. Lorsque l’eunuque éthiopien lit Isaïe, Philippe lui demande : « Comprends-tu ce que tu lis ? »7. Le mystère n’abolit donc pas l’intelligence, mais appelle au contraire une parole qui s’ouvre et se laisse interpréter.

Ce que cette lecture éclaire

Ces trois lettres posent finalement une question plus large que leur seule énigme. Elles obligent à s’interroger sur le rapport entre révélation, mystère et compréhension. Ici, la confiance semble précéder l’explication, et la soumission au texte précède l’intelligence de ce qu’il dit.

La tradition chrétienne connaît elle aussi le mystère de la Parole divine. Mais elle l’exprime autrement, car le Verbe de Dieu n’est pas d’abord une suite de lettres ni même un livre : il est une Personne : « le Verbe s’est fait chair »8.

Dès lors, le mystère ne demeure pas seulement un signe à réciter ou une énigme à contempler. Il devient une rencontre, une présence, un visage. La question reste donc ouverte : la parole divine est-elle faite pour demeurer fermée, ou pour se révéler pleinement dans une personne ?

Références

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān : « Ibn ʿAbbās a dit : Alif-Lām-Mīm signifie : je suis Allâh, le Savant. » — Exemple d’interprétation ancienne des lettres isolées.

2 Al-Tirmidhī, Sunan : « Je ne dis pas qu’Alif-Lām-Mīm est une lettre ; Alif est une lettre, Lām est une lettre, Mīm est une lettre. » — Chaque lettre récitée est considérée comme méritoire.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : Hypothèse d’anciennes marques liées à la transmission manuscrite. — La recherche moderne a tenté plusieurs explications sans conclure définitivement.

4 Isaïe 55,8-9 : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins. » — Dieu dépasse la compréhension humaine.

5 Romains 11,33 : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! » — La sagesse divine dépasse l’intelligence humaine.

6 Psaume 119 [118] : psaume alphabétique où chaque strophe suit l’ordre des lettres de l’alphabet hébreu — exemple d’usage symbolique de l’alphabet dans la prière biblique.

7 Actes 8,30-31 : « Comprends-tu ce que tu lis ? » — La révélation appelle aussi l’intelligence.

8 Jean 1,14 : « Et le Verbe s’est fait chair. » — Dans la foi chrétienne, la Parole devient une personne.

En DE
Sure 2 · Vers 1
الم
Alif · Lām · Mīm
„Alif. Lām. Mīm.“
In einem Wort — Drei isolierte Buchstaben eröffnen die längste Sure des Korans: ein Rätsel an der Schwelle des Buches.

Was der Text sagt

Der erste Vers dieser zweiten Sure enthält weder eine Aussage noch eine Erzählung noch ein Gebot. Er besteht lediglich aus drei Buchstaben des arabischen Alphabets, die einzeln ausgesprochen werden: Alif, Lām, Mīm. Diese Buchstaben bilden weder ein Wort noch einen Satz, und die Übersetzungen des Korans behalten sie unverändert bei, da sie sich kaum anders wiedergeben lassen.

Diese Eröffnung überrascht umso mehr, als sie an der Schwelle der längsten Sure des Korans steht. Noch bevor irgendeine moralische Ermahnung oder eine lehrmäßige Aussage erscheint, beginnt der Text mit einer Folge, deren Funktion nicht erklärt wird. Der Leser tritt also in die Sure durch ein Zeichen ein, das der eigentlichen Rede vorausgeht.

Diese besondere Schwelle bereitet dennoch das vor, was folgt. Gleich im nächsten Vers erklärt die Sure: „Dies ist das Buch, an dem kein Zweifel ist“ (S. 2,2). Die Verkündigung der Gewissheit folgt also unmittelbar auf eine Eröffnung, die selbst völlig dunkel bleibt.

Was der Koran an anderer Stelle sagt

Diese Buchstaben gehören zu einem umfassenderen Phänomen im Koran. Neunundzwanzig Suren beginnen mit solchen Sequenzen, die in der islamischen Tradition al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa genannt werden, also „getrennte“ oder „isolierte Buchstaben“. Ihre Präsenz beschränkt sich daher nicht auf einen Einzelfall, sondern bildet ein wiederkehrendes Motiv in der Struktur des koranischen Textes.

Diese Sequenzen nehmen unterschiedliche Formen an. Einige Suren beginnen mit einem einzigen Buchstaben, etwa Nūn (S. 68,1), andere mit zwei, wie Ṭā-Hā (S. 20,1), während andere drei, vier oder fünf enthalten, etwa Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). Die Vielfalt der Kombinationen zeigt, dass es sich nicht um eine einzige Formel handelt, die mechanisch wiederholt wird.

Trotz dieser Vielfalt liefert der Text niemals eine direkte Erklärung. Die Buchstaben erscheinen am Anfang einer Sure, und anschließend setzt sich die koranische Rede ohne weiteren Kommentar fort. Der Leser begegnet somit einem wiederkehrenden Element, dessen Funktion im Text selbst unausgesprochen bleibt.

Was die islamische Tradition darüber gesagt hat

Schon früh versuchten muslimische Kommentatoren, diese Buchstaben zu erklären. Einige meinten, es handle sich um Initialen oder Abkürzungen, die auf göttliche Namen oder bekannte Formeln verweisen. Eine von al-Ṭabarī überlieferte Tradition schreibt Ibn ʿAbbās beispielsweise folgende Deutung zu: Alif-Lām-Mīm bedeute anā Allāh aʿlam, also: „Ich, Allah, weiß es.“1.

Andere Exegeten weigerten sich, eine genaue Erklärung festzulegen. Ihrer Ansicht nach haben diese Buchstaben durchaus eine Bedeutung, doch diese Bedeutung ist allein Allah bekannt und bleibt dem Menschen verborgen. Diese Position ist sehr einflussreich geblieben, gerade weil sie das Geheimnis bewahrt, ohne vorzugeben, es aufzulösen.

In der religiösen Praxis werden diese Buchstaben wie der übrige Koran rezitiert. Ihre Präsenz ist daher nicht nur ein Problem der Auslegung, sondern auch ein Element des Gebets. Ein von al-Tirmidhī überlieferter Hadith erklärt nämlich, dass jeder Buchstabe des Buches eine geistliche Belohnung bringt, selbst wenn sein Sinn nicht verstanden wird2.

Was die Geschichte beobachten lässt

Auch moderne Forscher haben verschiedene Hypothesen vorgeschlagen. Einige Orientalisten vermuteten, es könne sich um alte Schreiberzeichen, Überlieferungsmarken oder Notationen handeln, die mit der Handschriftengeschichte des Textes zusammenhängen3. Andere schlugen liturgische, symbolische oder sogar kryptographische Deutungen vor.

Doch keine dieser Hypothesen hat sich letztlich durchgesetzt. Die Vorschläge sind zahlreich, mitunter einfallsreich, doch keiner erlaubt eine sichere Schlussfolgerung. Nach Jahrhunderten der Forschung bleiben diese Buchstaben daher ohne allgemein anerkannte Erklärung, weder in der muslimischen Tradition noch in der kritischen Wissenschaft.

Diese Feststellung verdient Beachtung. Die koranische Exegese gehört zu den umfangreichsten und anspruchsvollsten Auslegungstraditionen der Religionsgeschichte. Dennoch stößt sie bereits im ersten Vers der längsten Sure des Korans auf eine Schwelle, die sie nicht vollständig zu überschreiten vermag.

Welche Spannung dieser Text hervorruft

Eine erste Spannung zeigt sich im Koran selbst. Der koranische Text erklärt an mehreren Stellen, klar und deutlich zu sein und gegeben worden zu sein, damit er verstanden werde. So heißt es etwa: „Dies sind die Verse eines klaren Buches“ (S. 12,1), und weiter: „Wir haben ihn als einen arabischen Koran herabgesandt, damit ihr versteht“ (S. 12,2).

Hier jedoch beginnt der Text mit einer Folge, deren Bedeutung unbekannt bleibt. Seit Jahrhunderten hat niemand eine Erklärung geben können, die sicher und allgemein anerkannt wäre. Es stellt sich daher eine echte Frage: Wie kann ein Buch, das sich selbst als klar bezeichnet, mit etwas beginnen, das weder der Text noch die Tradition wirklich erklärt?

Die Schwierigkeit geht über den Fall von Alif-Lām-Mīm hinaus. Sie berührt die Natur der koranischen Offenbarung selbst. Muss ein göttliches Wort unmittelbar verständlich sein, oder kann es Zustimmung verlangen, noch bevor es seinen Sinn offenbart hat?

Was man bereits wusste

Auch die Bibel erkennt an, dass Gott das menschliche Verständnis übersteigt. Der Prophet Jesaja überliefert dieses göttliche Wort: „Meine Gedanken sind nicht eure Gedanken, und eure Wege sind nicht meine Wege“4. Ebenso ruft der heilige Paulus aus: „O Tiefe des Reichtums, der Weisheit und der Erkenntnis Gottes! Wie unergründlich sind seine Entscheidungen und wie unerforschlich seine Wege!“5.

Auch in der biblischen Tradition kann der Buchstabe eine strukturierende Rolle im Ausdruck der Offenbarung spielen. Einige Psalmen sind nach der Reihenfolge des hebräischen Alphabets aufgebaut: Jeder Vers oder jede Strophe beginnt mit einem anderen Buchstaben. Der Psalm 118 [119] etwa ist in zweiundzwanzig Abschnitte gegliedert, die den zweiundzwanzig Buchstaben des Alphabets entsprechen6.

Gleichzeitig betont die Bibel jedoch die Notwendigkeit, das offenbarte Wort zu verstehen. Als der äthiopische Kämmerer Jesaja liest, fragt ihn Philippus: „Verstehst du auch, was du liest?“7. Das Geheimnis hebt also die Vernunft nicht auf, sondern ruft vielmehr ein Wort hervor, das sich öffnet und ausgelegt werden kann.

Was diese Lektüre erhellt

Diese drei Buchstaben stellen letztlich eine umfassendere Frage als ihr eigenes Rätsel. Sie zwingen dazu, über das Verhältnis von Offenbarung, Geheimnis und Verständnis nachzudenken. Hier scheint das Vertrauen der Erklärung vorauszugehen, und die Unterwerfung unter den Text geht dem Verständnis dessen voraus, was er sagt.

Auch die christliche Tradition kennt das Geheimnis des göttlichen Wortes. Doch sie drückt es anders aus, denn das Wort Gottes ist nicht zuerst eine Folge von Buchstaben oder gar ein Buch: Es ist eine Person: „Und das Wort ist Fleisch geworden.“8.

Damit bleibt das Geheimnis nicht nur ein Zeichen, das man rezitiert, oder ein Rätsel, das man betrachtet. Es wird zu einer Begegnung, zu einer Gegenwart, zu einem Gesicht. Die Frage bleibt daher offen: Ist das göttliche Wort dazu bestimmt, verschlossen zu bleiben, oder sich vollständig in einer Person zu offenbaren?

Referenzen

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān: „Ibn ʿAbbās sagte: Alif-Lām-Mīm bedeutet: Ich bin Allah, der Wissende.“ — Beispiel einer frühen Deutung der isolierten Buchstaben.

2 Al-Tirmidhī, Sunan: „Ich sage nicht, dass Alif-Lām-Mīm ein Buchstabe ist; Alif ist ein Buchstabe, Lām ist ein Buchstabe, Mīm ist ein Buchstabe.“ — Jeder rezitierte Buchstabe gilt als verdienstvoll.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns: Hypothese alter Zeichen im Zusammenhang mit der handschriftlichen Überlieferung. — Die moderne Forschung hat mehrere Erklärungen vorgeschlagen, ohne zu einem endgültigen Ergebnis zu gelangen.

4 Jesaja 55,8–9: „Meine Gedanken sind nicht eure Gedanken, und eure Wege sind nicht meine Wege.“ — Gott übersteigt das menschliche Verständnis.

5 Römer 11,33: „O Tiefe des Reichtums, der Weisheit und der Erkenntnis Gottes! Wie unergründlich sind seine Entscheidungen und wie unerforschlich seine Wege!“ — Die göttliche Weisheit übersteigt die menschliche Vernunft.

6 Psalm 119 [118]: alphabetischer Psalm, dessen Strophen der Reihenfolge des hebräischen Alphabets folgen — Beispiel für die symbolische Verwendung des Alphabets im biblischen Gebet.

7 Apostelgeschichte 8,30–31: „Verstehst du auch, was du liest?“ — Offenbarung ruft auch zum Verständnis.

8 Johannes 1,14: „Und das Wort ist Fleisch geworden.“ — Im christlichen Glauben wird das Wort zu einer Person.

En ES
Sura 2 · Versículo 1
الم
Alif · Lām · Mīm
« Alif. Lām. Mīm. »
En una palabra — Tres letras aisladas abren la sura más larga del Corán: un enigma en el umbral del Libro.

Lo que dice el texto

El primer versículo de esta segunda sura no contiene ni afirmación, ni relato, ni mandato. Se compone simplemente de tres letras del alfabeto árabe pronunciadas por separado: Alif, Lām, Mīm. Estas letras no forman ni palabra ni proposición, y las traducciones del Corán las conservan tal cual, ya que no pueden traducirse de otra manera.

Esta apertura sorprende aún más porque se encuentra en el umbral de la sura más larga del Corán. Antes de cualquier exhortación moral o afirmación doctrinal, el texto comienza con una secuencia cuya función no se explica. El lector entra así en la sura a través de un signo que precede al propio discurso.

Sin embargo, este umbral singular prepara lo que viene después. Desde el versículo siguiente, la sura afirma: « Este es el Libro: no hay duda en él » (S. 2,2). La proclamación de certeza aparece inmediatamente después de una apertura que, en sí misma, permanece completamente oscura.

Lo que el Corán dice en otros lugares

Estas letras pertenecen a un fenómeno más amplio dentro del Corán. Veintinueve suras comienzan con tales secuencias, que la tradición islámica llama al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, es decir, las « letras separadas » o « letras aisladas ». Su presencia no se limita por tanto a un caso aislado, sino que constituye un motivo recurrente en la estructura del texto coránico.

Estas secuencias adoptan formas diversas. Algunas suras comienzan con una sola letra, como Nūn (S. 68,1); otras con dos, como Ṭā-Hā (S. 20,1); mientras que algunas presentan tres, cuatro o cinco, como Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). La diversidad de combinaciones muestra que no se trata de una fórmula única repetida mecánicamente.

A pesar de esta variedad, el texto nunca ofrece una explicación directa. Las letras aparecen al comienzo de una sura y el discurso coránico continúa después sin ningún comentario adicional. El lector se encuentra así con un elemento recurrente cuya función permanece implícita en el propio texto.

Lo que ha dicho la tradición islámica

Muy pronto, los comentaristas musulmanes trataron de explicar estas letras. Algunos pensaron que se trataba de iniciales o abreviaturas que remitían a nombres divinos o a fórmulas conocidas. Una tradición transmitida por al-Ṭabarī atribuye, por ejemplo, a Ibn ʿAbbās la siguiente interpretación: Alif-Lām-Mīm significaría anā Allāh aʿlam, es decir: « Yo, Allah, sé »1.

Otros exegetas se negaron a fijar una explicación precisa. Según ellos, estas letras tienen efectivamente un sentido, pero ese sentido es conocido sólo por Allah y el ser humano no tiene acceso a él. Esta posición ha permanecido muy influyente, precisamente porque permite conservar el misterio sin pretender resolverlo.

En la práctica creyente, estas letras se recitan como el resto del Corán. Su presencia no es por tanto sólo un problema de interpretación, sino también un elemento de la oración. Un hadiz transmitido por al-Tirmidhī afirma en efecto que cada letra del Libro procura una recompensa espiritual, incluso cuando su significado no se comprende2.

Lo que permite observar la historia

Los investigadores modernos también han propuesto diversas hipótesis. Algunos orientalistas han sugerido que podrían tratarse de antiguas marcas de escribas, signos de transmisión o anotaciones relacionadas con la historia manuscrita del texto3. Otros han propuesto interpretaciones litúrgicas, simbólicas o incluso criptográficas.

Sin embargo, ninguna de estas hipótesis ha llegado a imponerse. Las propuestas son numerosas, a veces ingeniosas, pero ninguna permite llegar a una conclusión segura. Después de siglos de estudio, estas letras siguen sin tener una explicación universalmente aceptada, ni en la tradición musulmana ni en la investigación crítica.

Este hecho merece ser señalado. La exégesis coránica es una de las tradiciones interpretativas más amplias y sofisticadas de la historia religiosa. Sin embargo, desde el primer versículo de la sura más larga del Corán, se encuentra con un umbral que no logra atravesar plenamente.

La tensión que plantea este texto

Una primera tensión aparece dentro del propio Corán. El texto coránico afirma en varios lugares ser claro, explícito y dado para ser comprendido. Por ejemplo: « Estos son los versículos de un Libro claro » (S. 12,1), y luego: « Lo hemos hecho descender como un Corán árabe para que comprendáis » (S. 12,2).

Sin embargo, aquí el texto comienza con una secuencia cuyo sentido permanece desconocido. Durante siglos, nadie ha podido ofrecer una explicación segura y reconocida por todos. Surge entonces una verdadera pregunta: ¿cómo puede un Libro que se presenta como claro comenzar con algo que ni el texto ni la tradición explican realmente?

La dificultad va más allá del caso de Alif-Lām-Mīm. Afecta a la propia naturaleza de la revelación coránica. ¿Debe una palabra divina ser inmediatamente inteligible, o puede exigir adhesión antes incluso de haber revelado su sentido?

Lo que ya se conocía

La Biblia también reconoce que Dios supera la comprensión humana. El profeta Isaías transmite esta palabra divina: « Mis pensamientos no son vuestros pensamientos, ni vuestros caminos son mis caminos »4. Del mismo modo, san Pablo exclama: « ¡Qué profundidad la de la riqueza, la sabiduría y el conocimiento de Dios! ¡Qué insondables son sus juicios y qué inescrutables sus caminos! »5.

En la tradición bíblica, la letra también puede desempeñar un papel estructurante en la expresión de la revelación. Algunos salmos están construidos según el orden del alfabeto hebreo: cada versículo o estrofa comienza con una letra diferente. El Salmo 118 [119], por ejemplo, está organizado en veintidós secciones correspondientes a las veintidós letras del alfabeto6.

Pero la Biblia insiste al mismo tiempo en la necesidad de comprender la palabra revelada. Cuando el eunuco etíope lee a Isaías, Felipe le pregunta: « ¿Entiendes lo que estás leyendo? »7. El misterio no suprime la inteligencia, sino que llama precisamente a una palabra que se abre y puede ser interpretada.

Lo que esta lectura ilumina

Estas tres letras plantean finalmente una cuestión más amplia que su propio enigma. Obligan a reflexionar sobre la relación entre revelación, misterio y comprensión. Aquí, la confianza parece preceder a la explicación, y la sumisión al texto precede a la inteligencia de lo que dice.

La tradición cristiana también conoce el misterio de la Palabra divina. Pero lo expresa de otra manera, porque la Palabra de Dios no es ante todo una serie de letras ni siquiera un libro: es una Persona: « Y el Verbo se hizo carne »8.

Desde ese momento, el misterio ya no es sólo un signo que se recita o un enigma que se contempla. Se convierte en un encuentro, una presencia, un rostro. La pregunta permanece abierta: ¿la palabra divina está hecha para permanecer cerrada o para revelarse plenamente en una persona?

Referencias

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān : « Ibn ʿAbbās dijo: Alif-Lām-Mīm significa: yo soy Allah, el Sabio. » — Ejemplo de interpretación antigua de las letras aisladas.

2 Al-Tirmidhī, Sunan : « No digo que Alif-Lām-Mīm sea una sola letra; Alif es una letra, Lām es una letra y Mīm es una letra. » — Cada letra recitada se considera meritoria.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : Hipótesis de antiguas marcas relacionadas con la transmisión manuscrita. — La investigación moderna ha propuesto varias explicaciones sin llegar a una conclusión definitiva.

4 Isaías 55,8-9 : « Mis pensamientos no son vuestros pensamientos, ni vuestros caminos son mis caminos. » — Dios supera la comprensión humana.

5 Romanos 11,33 : « ¡Qué profundidad la de la riqueza, la sabiduría y el conocimiento de Dios! » — La sabiduría divina supera la inteligencia humana.

6 Salmo 119 [118] : salmo alfabético en el que cada estrofa sigue el orden del alfabeto hebreo — ejemplo del uso simbólico del alfabeto en la oración bíblica.

7 Hechos 8,30-31 : « ¿Entiendes lo que estás leyendo? » — La revelación también llama a la comprensión.

8 Juan 1,14 : « Y el Verbo se hizo carne. » — En la fe cristiana, la Palabra se hace persona.

En HI
सूरह 2 · आयत 1
الم
Alif · Lām · Mīm
« अलिफ़. लाम. मीम. »
एक शब्द में — तीन अलग-थलग अक्षर कुरआन की सबसे लंबी सूरह की शुरुआत करते हैं: किताब की दहलीज़ पर एक पहेली।

पाठ क्या कहता है

इस दूसरी सूरह की पहली आयत में न कोई कथन है, न कथा, न आदेश। यह केवल अरबी वर्णमाला के तीन अक्षरों से बनी है जिन्हें अलग-अलग उच्चारित किया जाता है: अलिफ़, लाम, मीम। ये अक्षर न कोई शब्द बनाते हैं और न ही कोई वाक्य, इसलिए कुरआन के अनुवाद इन्हें उसी रूप में बनाए रखते हैं, क्योंकि इन्हें वास्तव में किसी और तरह व्यक्त नहीं किया जा सकता।

यह आरम्भ इसलिए और भी आश्चर्यजनक है क्योंकि यह कुरआन की सबसे लंबी सूरह की दहलीज़ पर स्थित है। किसी भी नैतिक उपदेश या सिद्धान्तात्मक कथन से पहले, पाठ एक ऐसी श्रेणी से शुरू होता है जिसकी भूमिका समझाई नहीं जाती। इस प्रकार पाठक सूरह में प्रवेश एक ऐसे संकेत के माध्यम से करता है जो स्वयं भाषण से पहले आता है।

फिर भी यह विशेष दहलीज़ आगे आने वाली बातों की तैयारी करती है। अगले ही आयत में सूरह घोषणा करती है: « यह वह किताब है जिसमें कोई संदेह नहीं » (सूरह 2,2)। इस प्रकार निश्चितता की घोषणा एक ऐसे आरम्भ के तुरंत बाद आती है जो स्वयं पूरी तरह अस्पष्ट बना रहता है।

कुरआन अन्य स्थानों पर क्या कहता है

ये अक्षर कुरआन में एक व्यापक घटना का हिस्सा हैं। उनतीस सूरहें ऐसी हैं जो इसी प्रकार की श्रेणियों से आरम्भ होती हैं, जिन्हें इस्लामी परंपरा अल-हुरूफ़ अल-मुक़त्तआ कहती है, अर्थात « अलग किए गए अक्षर » या « पृथक अक्षर »। इसलिए इनकी उपस्थिति कोई अकेला उदाहरण नहीं है, बल्कि कुरआनी पाठ की संरचना में एक बार-बार दिखाई देने वाला रूप है।

ये श्रेणियाँ विभिन्न रूप लेती हैं। कुछ सूरहें केवल एक अक्षर से शुरू होती हैं, जैसे नून (सूरह 68,1); कुछ दो से, जैसे ता-हा (सूरह 20,1); और कुछ तीन, चार या पाँच अक्षरों से, जैसे काफ-हा-या-अयन-साद (सूरह 19,1)। संयोजनों की यह विविधता दिखाती है कि यह कोई एक सूत्र नहीं है जिसे यांत्रिक रूप से दोहराया गया हो।

फिर भी, इस विविधता के बावजूद पाठ कभी भी सीधी व्याख्या नहीं देता। अक्षर सूरह की शुरुआत में दिखाई देते हैं और उसके बाद कुरआनी वचन बिना किसी अतिरिक्त टिप्पणी के आगे बढ़ जाता है। इस प्रकार पाठक एक ऐसे तत्व से सामना करता है जिसकी भूमिका स्वयं पाठ के भीतर ही अप्रकट रहती है।

इस्लामी परंपरा ने इसके बारे में क्या कहा

बहुत प्रारम्भ से ही मुस्लिम व्याख्याकारों ने इन अक्षरों को समझाने का प्रयास किया। कुछ ने सोचा कि यह किसी दिव्य नाम या प्रसिद्ध सूत्र के संक्षेपाक्षर हो सकते हैं। अल-तबरी द्वारा उद्धृत एक परंपरा उदाहरण के लिए इब्न अब्बास से यह व्याख्या जोड़ती है: अलिफ-लाम-मीम का अर्थ होगा अना अल्लाह आलम, अर्थात: « मैं, अल्लाह, जानता हूँ »1

अन्य व्याख्याकारों ने किसी निश्चित अर्थ को निर्धारित करने से इनकार किया। उनके अनुसार इन अक्षरों का एक अर्थ अवश्य है, पर वह अर्थ केवल अल्लाह को ज्ञात है और मनुष्य उसकी पहुँच से बाहर है। यह दृष्टिकोण इसलिए बहुत प्रभावशाली रहा है क्योंकि यह रहस्य को सुरक्षित रखता है बिना उसे हल करने का दावा किए।

धार्मिक व्यवहार में इन अक्षरों का पाठ कुरआन के बाकी हिस्सों की तरह ही किया जाता है। इसलिए इनकी उपस्थिति केवल व्याख्या का प्रश्न नहीं है बल्कि प्रार्थना का भी एक तत्व है। अल-तिरमिधी द्वारा वर्णित एक हदीस कहती है कि किताब का हर अक्षर आध्यात्मिक प्रतिफल देता है, भले ही उसका अर्थ समझ में न आए2

इतिहास क्या देखने देता है

आधुनिक शोधकर्ताओं ने भी विभिन्न परिकल्पनाएँ प्रस्तुत की हैं। कुछ ओरिएंटलिस्टों ने सुझाव दिया कि ये प्राचीन लिपिक चिह्न, संप्रेषण के संकेत या पाठ के पांडुलिपि इतिहास से जुड़े संकेत हो सकते हैं3। अन्य विद्वानों ने लिटर्जिकल, प्रतीकात्मक या यहाँ तक कि सांकेतिक व्याख्याएँ भी प्रस्तावित की हैं।

फिर भी इनमें से कोई भी परिकल्पना निर्णायक रूप से स्थापित नहीं हो सकी। प्रस्ताव अनेक हैं, कभी-कभी अत्यंत सूझबूझ वाले, परन्तु कोई भी निश्चित निष्कर्ष तक नहीं पहुँचाता। कई शताब्दियों के अध्ययन के बाद भी ये अक्षर बिना सर्वसम्मत व्याख्या के बने हुए हैं, न तो मुस्लिम परंपरा में और न ही आलोचनात्मक शोध में।

यह तथ्य उल्लेखनीय है। कुरआनी व्याख्या धार्मिक इतिहास की सबसे व्यापक और परिष्कृत व्याख्यात्मक परंपराओं में से एक है। फिर भी कुरआन की सबसे लंबी सूरह की पहली आयत से ही वह एक ऐसी दहलीज़ से टकराती है जिसे पूरी तरह पार नहीं कर पाती।

यह पाठ किस तनाव को उजागर करता है

पहला तनाव स्वयं कुरआन के भीतर दिखाई देता है। कुरआनी पाठ कई स्थानों पर स्वयं को स्पष्ट और समझने के लिए दिया गया बताता है। उदाहरण के लिए: « ये एक स्पष्ट किताब की आयतें हैं » (सूरह 12,1), और फिर: « हमने इसे अरबी कुरआन के रूप में उतारा ताकि तुम समझो » (सूरह 12,2)।

लेकिन यहाँ पाठ एक ऐसी श्रेणी से आरम्भ होता है जिसका अर्थ अज्ञात रहता है। सदियों से कोई भी ऐसी व्याख्या प्रस्तुत नहीं कर पाया जो निश्चित और सर्वमान्य हो। इसलिए एक वास्तविक प्रश्न उठता है: एक किताब जो स्वयं को स्पष्ट कहती है, वह ऐसी चीज़ से कैसे शुरू हो सकती है जिसे न पाठ स्वयं और न ही परंपरा वास्तव में समझा पाती है?

यह कठिनाई केवल अलिफ-लाम-मीम के मामले तक सीमित नहीं है। यह स्वयं कुरआनी रहस्योद्घाटन की प्रकृति को छूती है। क्या दिव्य वचन तुरंत समझ में आने वाला होना चाहिए, या वह पहले विश्वास की माँग कर सकता है, उसके अर्थ के प्रकट होने से भी पहले?

जो पहले से ज्ञात था

बाइबिल भी स्वीकार करती है कि परमेश्वर मानव समझ से परे है। नबी यशायाह यह दिव्य वचन सुनाते हैं: « मेरे विचार तुम्हारे विचार नहीं हैं, और तुम्हारे मार्ग मेरे मार्ग नहीं हैं »4। इसी प्रकार संत पौलुस पुकार उठते हैं: « परमेश्वर की धन-सम्पत्ति, ज्ञान और बुद्धि कितनी गहरी है! उसके निर्णय अगम्य हैं और उसके मार्ग अथाह हैं! »5

बाइबिल की परंपरा में भी अक्षर रहस्योद्घाटन की अभिव्यक्ति में एक संरचनात्मक भूमिका निभा सकते हैं। कुछ भजन हिब्रू वर्णमाला के क्रम के अनुसार बनाए गए हैं: प्रत्येक पद या स्तोत्र एक अलग अक्षर से शुरू होता है। उदाहरण के लिए भजन 118 [119] बाईस खंडों में व्यवस्थित है जो वर्णमाला के बाईस अक्षरों से मेल खाते हैं6

फिर भी बाइबिल साथ ही प्रकट वचन को समझने की आवश्यकता पर ज़ोर देती है। जब इथियोपियाई खोजा यशायाह को पढ़ता है, तो फिलिप उससे पूछता है: « क्या तुम समझते हो कि तुम क्या पढ़ रहे हो? »7। इसलिए रहस्य बुद्धि को समाप्त नहीं करता, बल्कि एक ऐसे वचन को बुलाता है जो खुलता है और जिसकी व्याख्या की जा सकती है।

यह पाठ क्या स्पष्ट करता है

ये तीन अक्षर अंततः केवल अपनी पहेली से बड़ी एक समस्या उठाते हैं। वे हमें रहस्योद्घाटन, रहस्य और समझ के संबंध पर विचार करने के लिए बाध्य करते हैं। यहाँ विश्वास स्पष्टीकरण से पहले आता हुआ प्रतीत होता है, और पाठ के प्रति समर्पण उसके अर्थ की समझ से पहले।

ईसाई परंपरा भी परमेश्वर के वचन के रहस्य को जानती है। पर वह इसे अलग ढंग से व्यक्त करती है, क्योंकि परमेश्वर का वचन सबसे पहले अक्षरों की एक श्रृंखला या एक पुस्तक नहीं है: वह एक व्यक्ति है: « वचन देह बना »8

इस प्रकार रहस्य केवल एक चिन्ह नहीं रहता जिसे दोहराया जाए या एक पहेली जिसे देखा जाए। वह एक मुलाक़ात, एक उपस्थिति, एक चेहरा बन जाता है। इसलिए प्रश्न खुला रहता है: क्या दिव्य वचन बंद रहने के लिए है, या किसी व्यक्ति में पूर्ण रूप से प्रकट होने के लिए?

संदर्भ

1 अल-तबरी, जामिअ अल-बयान : « इब्न अब्बास ने कहा: अलिफ-लाम-मीम का अर्थ है: मैं अल्लाह हूँ, सब जानने वाला। » — अलग-थलग अक्षरों की एक प्राचीन व्याख्या का उदाहरण।

2 अल-तिरमिधी, सुनन : « मैं यह नहीं कहता कि अलिफ-लाम-मीम एक ही अक्षर है; अलिफ एक अक्षर है, लाम एक अक्षर है और मीम एक अक्षर है। » — प्रत्येक अक्षर का पाठ पुण्यदायी माना जाता है।

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : पांडुलिपि परंपरा से जुड़े प्राचीन चिह्नों की परिकल्पना। — आधुनिक शोध ने कई व्याख्याएँ प्रस्तुत की हैं, परन्तु कोई अंतिम निष्कर्ष नहीं निकला।

4 यशायाह 55,8-9 : « मेरे विचार तुम्हारे विचार नहीं हैं, और तुम्हारे मार्ग मेरे मार्ग नहीं हैं। » — परमेश्वर मानव समझ से परे है।

5 रोमियों 11,33 : « परमेश्वर की बुद्धि और ज्ञान की गहराई! » — दिव्य बुद्धि मानव बुद्धि से परे है।

6 भजन 119 [118] : वर्णमाला पर आधारित भजन जिसमें प्रत्येक स्तोत्र हिब्रू वर्णमाला के क्रम का अनुसरण करता है — बाइबिल प्रार्थना में वर्णमाला के प्रतीकात्मक प्रयोग का उदाहरण।

7 प्रेरितों के काम 8,30-31 : « क्या तुम समझते हो कि तुम क्या पढ़ रहे हो? » — रहस्योद्घाटन समझ को भी बुलाता है।

8 यूहन्ना 1,14 : « और वचन देह बना। » — ईसाई विश्वास में वचन एक व्यक्ति बन जाता है।

en PT
Surata 2 · Versículo 1
الم
Alif · Lām · Mīm
« Alif. Lām. Mīm. »
Em uma palavra — Três letras isoladas abrem a surata mais longa do Corão: um enigma no limiar do Livro.

O que o texto diz

O primeiro versículo desta segunda surata não contém afirmação, narrativa nem mandamento. Ele consiste simplesmente em três letras do alfabeto árabe pronunciadas separadamente: Alif, Lām, Mīm. Essas letras não formam palavra nem frase, e as traduções do Corão as conservam tal como estão, pois não podem ser realmente traduzidas de outra forma.

Essa abertura surpreende ainda mais porque se encontra no limiar da surata mais longa do Corão. Antes de qualquer exortação moral ou afirmação doutrinária, o texto começa com uma sequência cuja função não é explicada. O leitor entra assim na surata por meio de um sinal que precede o próprio discurso.

Esse limiar singular, no entanto, prepara o que vem a seguir. Já no versículo seguinte, a surata afirma: « Este é o Livro: nele não há dúvida » (S. 2,2). A proclamação da certeza vem, portanto, imediatamente depois de uma abertura que, por si mesma, permanece totalmente obscura.

O que o Corão diz em outros lugares

Essas letras pertencem a um fenômeno mais amplo dentro do Corão. Vinte e nove suratas começam com sequências desse tipo, que a tradição islâmica chama al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, isto é, as « letras separadas » ou « letras isoladas ». Sua presença, portanto, não se limita a um caso isolado, mas constitui um motivo recorrente na estrutura do texto corânico.

Essas sequências assumem formas diversas. Algumas suratas começam com uma única letra, como Nūn (S. 68,1); outras com duas, como Ṭā-Hā (S. 20,1); enquanto algumas apresentam três, quatro ou cinco, como Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). A diversidade das combinações mostra que não se trata de uma fórmula única repetida mecanicamente.

Apesar dessa variedade, o texto nunca fornece uma explicação direta. As letras aparecem no início de uma surata e o discurso corânico continua sem qualquer comentário adicional. O leitor encontra assim um elemento recorrente cuja função permanece implícita no próprio texto.

O que a tradição islâmica disse

Muito cedo, os comentadores muçulmanos procuraram explicar essas letras. Alguns pensaram que se tratava de iniciais ou abreviações que remetiam a nomes divinos ou a fórmulas conhecidas. Uma tradição relatada por al-Ṭabarī atribui, por exemplo, a Ibn ʿAbbās a seguinte interpretação: Alif-Lām-Mīm significaria anā Allāh aʿlam, isto é: « Eu, Allah, sei »1.

Outros exegetas recusaram fixar uma explicação precisa. Segundo eles, essas letras têm de fato um significado, mas esse significado é conhecido apenas por Allah e permanece inacessível ao ser humano. Essa posição permaneceu muito influente justamente porque preserva o mistério sem pretender resolvê-lo.

Na prática religiosa, essas letras são recitadas como o restante do Corão. Sua presença não é, portanto, apenas um problema de interpretação, mas também um elemento da oração. Um hadith relatado por al-Tirmidhī afirma, com efeito, que cada letra do Livro traz uma recompensa espiritual, mesmo quando o sentido não é compreendido2.

O que a história permite observar

Pesquisadores modernos também propuseram diversas hipóteses. Alguns orientalistas sugeriram que poderia tratar-se de antigas marcas de escribas, sinais de transmissão ou anotações ligadas à história manuscrita do texto3. Outros propuseram leituras litúrgicas, simbólicas ou até criptográficas.

No entanto, nenhuma dessas hipóteses acabou por se impor. As propostas são numerosas, às vezes engenhosas, mas nenhuma permite chegar a uma conclusão segura. Após séculos de estudo, essas letras permanecem sem uma explicação unanimemente reconhecida, nem na tradição muçulmana nem na pesquisa crítica.

Essa constatação merece ser notada. A exegese corânica é uma das tradições interpretativas mais vastas e sofisticadas da história religiosa. Contudo, já no primeiro versículo da surata mais longa do Corão, ela se depara com um limiar que não consegue atravessar plenamente.

O que este texto coloca em tensão

Uma primeira tensão aparece dentro do próprio Corão. O texto corânico afirma em vários lugares ser claro, explícito e dado para ser compreendido. Lê-se, por exemplo: « Estes são os versículos de um Livro claro » (S. 12,1), e depois: « Nós o fizemos descer como um Corão árabe para que compreendais » (S. 12,2).

No entanto, aqui o texto começa com uma sequência cujo significado permanece desconhecido. Durante séculos, ninguém conseguiu oferecer uma explicação certa e reconhecida por todos. Surge então uma verdadeira questão: como um Livro que se apresenta como claro pode começar por algo que nem o próprio texto nem a tradição realmente explicam?

A dificuldade ultrapassa o caso de Alif-Lām-Mīm. Ela toca a própria natureza da revelação corânica. Uma palavra divina deve ser imediatamente inteligível, ou pode exigir adesão antes mesmo de ter revelado o seu sentido?

O que já se conhecia

A Bíblia também reconhece que Deus ultrapassa a compreensão humana. O profeta Isaías transmite esta palavra divina: « Meus pensamentos não são os vossos pensamentos, e os vossos caminhos não são os meus caminhos »4. Do mesmo modo, São Paulo exclama: « Ó profundidade da riqueza, da sabedoria e do conhecimento de Deus! Como são insondáveis os seus juízos e inescrutáveis os seus caminhos! »5.

Na tradição bíblica também a letra pode desempenhar um papel estruturante na expressão da revelação. Alguns salmos são construídos segundo a ordem do alfabeto hebraico: cada versículo ou cada estrofe começa com uma letra diferente. O Salmo 118 [119], por exemplo, está organizado em vinte e duas secções correspondentes às vinte e duas letras do alfabeto6.

Mas a Bíblia insiste ao mesmo tempo na necessidade de compreender a palavra revelada. Quando o eunuco etíope lê Isaías, Filipe pergunta-lhe: « Compreendes o que estás a ler? »7. O mistério, portanto, não elimina a inteligência; pelo contrário, chama uma palavra que se abre e se deixa interpretar.

O que esta leitura ilumina

Essas três letras levantam, afinal, uma questão mais ampla do que o seu próprio enigma. Elas obrigam a interrogar a relação entre revelação, mistério e compreensão. Aqui, a confiança parece preceder a explicação, e a submissão ao texto precede a inteligência do que ele diz.

A tradição cristã também conhece o mistério da Palavra divina. Mas ela o exprime de outra maneira, pois a Palavra de Deus não é antes de tudo uma sequência de letras nem sequer um livro: é uma Pessoa: « O Verbo fez-se carne »8.

Assim, o mistério já não permanece apenas um sinal a recitar ou um enigma a contemplar. Ele torna-se um encontro, uma presença, um rosto. A questão permanece aberta: a palavra divina foi feita para permanecer fechada, ou para revelar-se plenamente numa pessoa?

Referências

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān : « Ibn ʿAbbās disse: Alif-Lām-Mīm significa: eu sou Allah, o Sabedor. » — Exemplo de interpretação antiga das letras isoladas.

2 Al-Tirmidhī, Sunan : « Não digo que Alif-Lām-Mīm seja uma única letra; Alif é uma letra, Lām é uma letra, Mīm é uma letra. » — Cada letra recitada é considerada meritória.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : Hipótese de antigas marcas ligadas à transmissão manuscrita. — A investigação moderna propôs várias explicações sem chegar a uma conclusão definitiva.

4 Isaías 55,8-9 : « Meus pensamentos não são os vossos pensamentos, e os vossos caminhos não são os meus caminhos. » — Deus ultrapassa a compreensão humana.

5 Romanos 11,33 : « Ó profundidade da riqueza, da sabedoria e do conhecimento de Deus! » — A sabedoria divina ultrapassa a inteligência humana.

6 Salmo 119 [118] : salmo alfabético em que cada estrofe segue a ordem das letras do alfabeto hebraico — exemplo do uso simbólico do alfabeto na oração bíblica.

7 Atos 8,30-31 : « Compreendes o que estás a ler? » — A revelação também chama à compreensão.

8 João 1,14 : « E o Verbo fez-se carne. » — Na fé cristã, a Palavra torna-se uma pessoa.

En TR
Sure 2 · Ayet 1
الم
Alif · Lām · Mīm
« Elif. Lâm. Mîm. »
Tek kelimeyle — Üç ayrı harf Kur’an’ın en uzun suresini açar: Kitabın eşiğinde bir bilmece.

Metnin söylediği

Bu ikinci surenin ilk ayeti ne bir ifade, ne bir anlatı ne de bir emir içerir. Sadece Arap alfabesinin ayrı ayrı telaffuz edilen üç harfinden oluşur: Elif, Lâm, Mîm. Bu harfler ne bir kelime ne de bir cümle oluşturur; bu yüzden Kur’an çevirileri onları olduğu gibi bırakır, çünkü başka türlü aktarmak mümkün değildir.

Bu başlangıç özellikle şaşırtıcıdır, çünkü Kur’an’ın en uzun suresinin eşiğinde yer alır. Herhangi bir ahlaki öğüt ya da doktrinel ifade gelmeden önce metin, işlevi açıklanmayan bir diziyle başlar. Okuyucu böylece sureye, söylemin kendisinden önce gelen bir işaret aracılığıyla girer.

Yine de bu özgün eşik, ardından gelecek olanı hazırlar. Hemen bir sonraki ayette sure şöyle ilan eder: « Bu Kitaptır; onda hiçbir şüphe yoktur » (S. 2,2). Böylece kesinlik ilanı, kendisi tamamen belirsiz kalan bir açılışın hemen ardından gelir.

Kur’an’ın başka yerlerde söyledikleri

Bu harfler Kur’an’daki daha geniş bir olgunun parçasıdır. Yirmi dokuz sure bu tür dizilerle başlar; İslam geleneği bunlara al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, yani “ayrılmış harfler” veya “kesik harfler” adını verir. Dolayısıyla bunların varlığı tekil bir durum değildir; Kur’an metninin yapısında tekrar eden bir motiftir.

Bu diziler farklı biçimler alır. Bazı sureler tek bir harfle başlar, örneğin Nûn (S. 68,1); bazıları iki harfle, örneğin Ṭā-Hā (S. 20,1); bazıları ise üç, dört ya da beş harfle başlar, örneğin Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). Bu kombinasyonların çeşitliliği, bunun mekanik biçimde tekrarlanan tek bir formül olmadığını gösterir.

Buna rağmen metin hiçbir zaman doğrudan bir açıklama vermez. Harfler bir surenin başında görünür ve ardından Kur’ânî söylem herhangi bir yorum yapılmadan devam eder. Böylece okuyucu, işlevi metnin kendisi içinde örtük kalan tekrar eden bir unsurla karşılaşır.

İslam geleneğinin söyledikleri

Müslüman yorumcular çok erken dönemden itibaren bu harfleri açıklamaya çalışmışlardır. Bazıları bunların ilahi isimlere ya da bilinen ifadelere gönderme yapan baş harfler veya kısaltmalar olduğunu düşünmüştür. el-Ṭabarî tarafından aktarılan bir rivayet, örneğin İbn ʿAbbâs’a şu yorumu atfeder: Alif-Lām-Mīm ifadesi anā Allāh aʿlam, yani « Ben, Allah, bilirim » anlamına gelir1.

Diğer bazı müfessirler ise kesin bir açıklama yapmayı reddetmiştir. Onlara göre bu harflerin bir anlamı vardır, fakat bu anlam yalnızca Allah tarafından bilinir ve insanın erişiminin dışındadır. Bu görüş, gizemi çözmeye çalışmadan koruduğu için uzun süre etkili olmuştur.

Dindar uygulamada bu harfler Kur’an’ın geri kalanı gibi okunur. Dolayısıyla varlıkları yalnızca yorum sorunu değildir; aynı zamanda ibadetin bir unsurudur. el-Tirmizî tarafından rivayet edilen bir hadis, Kitap’taki her harfin, anlamı anlaşılmasa bile ruhsal bir sevap getirdiğini söyler2.

Tarihin gözlemleyebildikleri

Modern araştırmacılar da çeşitli hipotezler ileri sürmüştür. Bazı şarkiyatçılar bunların eski yazıcı işaretleri, aktarım sembolleri veya metnin yazma geleneğiyle ilgili notasyonlar olabileceğini öne sürmüştür3. Başkaları ise litürjik, sembolik hatta kriptografik yorumlar önermiştir.

Bununla birlikte bu hipotezlerin hiçbiri kesin biçimde kabul görmemiştir. Öneriler çoktur, bazen oldukça zekicedir; ancak hiçbiri kesin bir sonuca götürmez. Yüzyıllar süren incelemelere rağmen bu harfler ne Müslüman geleneğinde ne de eleştirel araştırmalarda evrensel biçimde kabul edilen bir açıklamaya kavuşmuştur.

Bu durum dikkat çekicidir. Kur’an tefsiri, dinler tarihindeki en geniş ve en gelişmiş yorum geleneklerinden biridir. Buna rağmen Kur’an’ın en uzun suresinin ilk ayetinde bile tam anlamıyla aşılamayan bir eşikle karşılaşır.

Bu metnin ortaya koyduğu gerilim

İlk gerilim Kur’an’ın kendi içinde ortaya çıkar. Kur’an metni birçok yerde açık, anlaşılır ve anlaşılması için verilmiş olduğunu söyler. Örneğin şöyle denir: « Bunlar apaçık bir Kitabın ayetleridir » (S. 12,1) ve ardından: « Onu anlayasınız diye Arapça bir Kur’an olarak indirdik » (S. 12,2).

Ancak burada metin, anlamı bilinmeyen bir diziyle başlar. Yüzyıllar boyunca hiç kimse kesin ve herkes tarafından kabul edilen bir açıklama verememiştir. Bu nedenle gerçek bir soru ortaya çıkar: Kendini açık olarak tanıtan bir Kitap, ne metnin ne de geleneğin gerçekten açıklayabildiği bir şeyle nasıl başlayabilir?

Bu zorluk yalnızca Alif-Lām-Mīm örneğini aşar. Kur’ânî vahyin doğasına dokunur. İlahi söz hemen anlaşılır olmalı mıdır, yoksa anlamını açıklamadan önce bile kabul talep edebilir mi?

Zaten bilinen şey

Kutsal Kitap da Tanrı’nın insan anlayışını aştığını kabul eder. Peygamber Yeşaya şu ilahi sözü aktarır: « Benim düşüncelerim sizin düşünceleriniz değildir, yollarınız da benim yollarım değildir »4. Aynı şekilde Aziz Pavlus şöyle haykırır: « Tanrı’nın zenginliğinin, bilgeliğinin ve bilgisinin derinliği ne büyüktür! Yargıları araştırılamaz, yolları kavranamaz! »5.

Kutsal Kitap geleneğinde harf de vahyin ifadesinde yapısal bir rol oynayabilir. Bazı mezmurlar İbranice alfabesinin sırasına göre düzenlenmiştir: her ayet veya kıta farklı bir harfle başlar. Örneğin Mezmur 118 [119], alfabenin yirmi iki harfine karşılık gelen yirmi iki bölüm halinde düzenlenmiştir6.

Ancak Kutsal Kitap aynı zamanda vahyedilmiş sözün anlaşılması gerektiğini de vurgular. Habeş hadımı Yeşaya’yı okurken Filipus ona sorar: « Okuduğunu anlıyor musun? »7. Böylece gizem aklı ortadan kaldırmaz; tersine, açılan ve yorumlanabilen bir sözü çağırır.

Bu okumanın aydınlattıkları

Bu üç harf sonunda kendi bilmecelerinden daha geniş bir soruyu ortaya koyar. Vahiy, gizem ve anlayış arasındaki ilişkiyi sorgulamaya zorlar. Burada güven açıklamadan önce gelir gibi görünür ve metne boyun eğme, onun ne söylediğini anlamadan önce gelir.

Hristiyan geleneği de ilahi Söz’ün gizemini bilir. Ancak bunu farklı şekilde ifade eder, çünkü Tanrı’nın Sözü her şeyden önce harflerin bir dizisi ya da bir kitap değildir: o bir Kişidir: « Söz beden oldu »8.

Böylece gizem artık sadece okunacak bir işaret ya da düşünülmesi gereken bir bilmece değildir. Bir karşılaşma, bir varlık ve bir yüz haline gelir. Bu nedenle soru açık kalır: ilahi söz kapalı kalmak için mi verilmiştir, yoksa bir kişide tamamen açığa çıkmak için mi?

Kaynaklar

1 al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān : « İbn ʿAbbâs dedi ki: Alif-Lām-Mīm şu anlama gelir: Ben Allah’ım, bilenim. » — Ayrı harflerin eski bir yorumuna örnek.

2 al-Tirmidhī, Sunan : « Alif-Lām-Mīm tek bir harftir demiyorum; Alif bir harftir, Lâm bir harftir, Mîm bir harftir. » — Okunan her harf sevap sayılır.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : Yazma aktarımıyla bağlantılı eski işaretler hipotezi. — Modern araştırma çeşitli açıklamalar önermiş ancak kesin bir sonuca ulaşamamıştır.

4 Yeşaya 55,8-9 : « Benim düşüncelerim sizin düşünceleriniz değildir, yollarınız da benim yollarım değildir. » — Tanrı insan anlayışını aşar.

5 Romalılar 11,33 : « Tanrı’nın bilgeliğinin ve bilgisinin derinliği! » — İlahi bilgelik insan aklını aşar.

6 Mezmur 119 [118] : her kıtası İbranice alfabenin sırasını izleyen alfabetik mezmur — Kutsal Kitap duasında alfabenin sembolik kullanımına bir örnek.

7 Elçilerin İşleri 8,30-31 : « Okuduğunu anlıyor musun? » — Vahiy aynı zamanda anlayışı da çağırır.

8 Yuhanna 1,14 : « Söz beden oldu. » — Hristiyan inancında Söz bir kişi olur.

Ce que dit le texte

Le premier verset de cette deuxième sourate ne contient ni affirmation, ni récit, ni commandement. Il se compose simplement de trois lettres de l’alphabet arabe prononcées séparément : Alif, Lām, Mīm. Ces lettres ne forment ni mot ni proposition, et les traductions du Coran les conservent telles quelles, faute de pouvoir les rendre autrement.

Cette ouverture surprend d’autant plus qu’elle se trouve au seuil de la plus longue sourate du Coran. Avant toute exhortation morale ou toute affirmation doctrinale, le texte commence par une séquence dont la fonction n’est pas expliquée. Le lecteur entre ainsi dans la sourate par un signe qui précède le discours lui-même.

Ce seuil singulier prépare pourtant ce qui va suivre. Dès le verset suivant, la sourate affirme : « Voilà le Livre : pas de doute en lui » (S. 2,2). La proclamation de certitude vient donc immédiatement après une ouverture qui, elle, demeure totalement obscure.

Ce que le Coran dit ailleurs

Ces lettres appartiennent à un phénomène plus large dans le Coran. Vingt-neuf sourates commencent par de telles séquences, que la tradition islamique appelle al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, c’est-à-dire les « lettres séparées » ou les « lettres isolées ». Leur présence ne se limite donc pas à un cas isolé, mais constitue un motif récurrent dans la structure du texte coranique.

Ces séquences prennent des formes diverses. Certaines sourates commencent par une seule lettre, comme Nūn (S. 68,1), d’autres par deux comme Ṭā-Hā (S. 20,1), tandis que certaines en présentent trois, quatre ou cinq, comme Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). La diversité des combinaisons montre qu’il ne s’agit pas d’une formule unique répétée mécaniquement.

Malgré cette variété, le texte ne fournit jamais d’explication directe. Les lettres apparaissent au début d’une' sourate puis le discours coranique se poursuit sans autre forme de commentaire. Le lecteur rencontre ainsi un élément récurrent dont la fonction reste implicite dans le texte lui-même.

Ce que la tradition islamique en a dit

Très tôt, les commentateurs musulmans ont cherché à expliquer ces lettres. Certains ont pensé qu’il s’agissait d’initiales ou d’abréviations renvoyant à des noms divins ou à des formules connues. Une tradition rapportée par al-Ṭabarī attribue ainsi à Ibn ʿAbbās l’interprétation suivante : Alif-Lām-Mīm signifierait anā Allāh aʿlam, c’est-à-dire : « Moi, Allâh, je sais »1.

D’autres exégètes ont refusé de fixer une explication précise. Selon eux, ces lettres ont bien un sens, mais ce sens est connu d’Allâh seul et l’homme n’y a pas accès. Cette position est restée très influente, justement parce qu’elle permet de préserver le mystère sans prétendre le résoudre.

Dans la pratique croyante, ces lettres sont récitées comme le reste du Coran. Leur présence n’est donc pas seulement un problème d’interprétation, mais aussi un élément de la prière. Un hadith rapporté par al-Tirmidhī affirme en effet que chaque lettre du Livre procure une récompense spirituelle, même lorsque le sens n’est pas compris2.

Ce que l’histoire permet d’observer

Les chercheurs modernes ont eux aussi proposé diverses hypothèses. Certains orientalistes ont suggéré qu’il pouvait s’agir d’anciennes marques de scribes, de signes de transmission ou de notations liées à l’histoire manuscrite du texte3. D’autres ont proposé des lectures liturgiques, symboliques ou même cryptographiques.

Pourtant, aucune de ces hypothèses n’a fini par s’imposer. Les propositions sont nombreuses, parfois ingénieuses, mais aucune ne permet de conclure avec certitude. Après des siècles d’étude, ces lettres restent donc sans explication unanimement reconnue, ni dans la tradition musulmane ni dans la recherche critique.

Ce constat mérite d’être relevé. L’exégèse coranique est l’une des traditions interprétatives les plus vastes et les plus sophistiquées de l’histoire religieuse. Pourtant, dès le premier verset de la plus longue sourate du Coran, elle se heurte à un seuil qu’elle ne parvient pas à franchir pleinement.

Ce que ce texte met en tension

Une première tension apparaît à l’intérieur du Coran lui-même. Le texte coranique affirme en plusieurs endroits être clair, explicite et donné afin d’être compris. On lit par exemple : « Voici les versets d’un Livre explicite » (S. 12,1), puis : « Nous l’avons fait descendre comme un Coran arabe afin que vous compreniez » (S. 12,2).

Or le texte s’ouvre ici par une séquence dont le sens demeure inconnu. Depuis des siècles, personne n’a pu en donner une explication certaine et reconnue par tous. Il y a donc une vraie question : comment un Livre qui se présente comme clair peut-il commencer par ce que ni le texte ni la tradition n’expliquent vraiment ?

La difficulté dépasse le seul cas d’Alif-Lām-Mīm. Elle touche à la nature même de la révélation coranique. Une parole divine doit-elle être immédiatement intelligible, ou bien peut-elle demander l’adhésion avant même d’avoir livré son sens ?

Ce que l’on connaissait déjà

La Bible reconnaît elle aussi que Dieu dépasse la compréhension humaine. Le prophète Isaïe rapporte cette parole divine : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins »4. De même, saint Paul s’écrie : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! »5.

Dans la tradition biblique également, la lettre peut jouer un rôle structurant dans l’expression de la révélation. Certains psaumes sont ainsi construits selon l’ordre de l’alphabet hébreu : chaque vers ou chaque strophe commence par une lettre différente. Le Psaume 118 [119], par exemple, est organisé en vingt-deux sections correspondant aux vingt-deux lettres de l’alphabet6.

Mais la Bible insiste en même temps sur la nécessité de comprendre la parole révélée. Lorsque l’eunuque éthiopien lit Isaïe, Philippe lui demande : « Comprends-tu ce que tu lis ? »7. Le mystère n’abolit donc pas l’intelligence, mais appelle au contraire une parole qui s’ouvre et se laisse interpréter.

Ce que cette lecture éclaire

Ces trois lettres posent finalement une question plus large que leur seule énigme. Elles obligent à s’interroger sur le rapport entre révélation, mystère et compréhension. Ici, la confiance semble précéder l’explication, et la soumission au texte précède l’intelligence de ce qu’il dit.

La tradition chrétienne connaît elle aussi le mystère de la Parole divine. Mais elle l’exprime autrement, car le Verbe de Dieu n’est pas d’abord une suite de lettres ni même un livre : il est une Personne : « le Verbe s’est fait chair »8.

Dès lors, le mystère ne demeure pas seulement un signe à réciter ou une énigme à contempler. Il devient une rencontre, une présence, un visage. La question reste donc ouverte : la parole divine est-elle faite pour demeurer fermée, ou pour se révéler pleinement dans une personne ?

En EN
Surah 2 · Verse 1 · 6 min reading
الم
Alif · Lām · Mīm
“Alif. Lām. Mīm.”
In a word — Three isolated letters open the longest surah of the Qur’an: an enigma at the threshold of the Book.

What the text says

The first verse of this second surah contains neither statement, nor narrative, nor command. It simply consists of three letters of the Arabic alphabet pronounced separately: Alif, Lām, Mīm. These letters form neither a word nor a sentence, and translations of the Qur’an preserve them as they are, since they cannot really be rendered otherwise.

This opening is all the more surprising because it stands at the threshold of the longest surah of the Qur’an. Before any moral exhortation or doctrinal statement, the text begins with a sequence whose function is not explained. The reader thus enters the surah through a sign that precedes the discourse itself.

This singular threshold nevertheless prepares what follows. From the very next verse, the surah declares: “This is the Book in which there is no doubt” (S. 2:2). The proclamation of certainty therefore comes immediately after an opening that itself remains completely obscure.

What the Qur’an says elsewhere

These letters belong to a broader phenomenon within the Qur’an. Twenty-nine surahs begin with such sequences, which the Islamic tradition calls al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, meaning the “separated letters” or “isolated letters.” Their presence is therefore not an isolated case but a recurring feature in the structure of the Qur’anic text.

These sequences take various forms. Some surahs begin with a single letter, such as Nūn (S. 68:1); others with two, such as Ṭā-Hā (S. 20:1); while some present three, four, or five, such as Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19:1). The diversity of combinations shows that this is not a single formula repeated mechanically.

Despite this variety, the text never provides a direct explanation. The letters appear at the beginning of a surah, and then the Qur’anic discourse continues without any further comment. The reader thus encounters a recurring element whose function remains implicit within the text itself.

What the Islamic tradition has said

Very early on, Muslim commentators tried to explain these letters. Some suggested that they were initials or abbreviations referring to divine names or known formulas. A tradition reported by al-Ṭabarī, for example, attributes to Ibn ʿAbbās the following interpretation: Alif-Lām-Mīm would mean anā Allāh aʿlam, that is: “I, Allah, know best.”1.

Other exegetes refused to assign any precise explanation. According to them, these letters do indeed have a meaning, but that meaning is known to Allah alone and remains inaccessible to human beings. This position has remained highly influential, precisely because it preserves the mystery without claiming to resolve it.

In religious practice, these letters are recited like the rest of the Qur’an. Their presence is therefore not only a matter of interpretation but also an element of prayer. A hadith reported by al-Tirmidhī states that every letter of the Book brings spiritual reward, even when its meaning is not understood2.

What history allows us to observe

Modern researchers have also proposed various hypotheses. Some orientalists have suggested that these might be ancient scribal marks, transmission signs, or notations connected with the manuscript history of the text3. Others have proposed liturgical, symbolic, or even cryptographic interpretations.

Yet none of these hypotheses has ultimately prevailed. The proposals are numerous, sometimes ingenious, but none allows a definitive conclusion. After centuries of study, these letters therefore remain without a unanimously accepted explanation, neither within the Muslim tradition nor within critical research.

This observation is worth noting. Qur’anic exegesis is one of the most extensive and sophisticated interpretative traditions in religious history. Yet from the very first verse of the longest surah of the Qur’an, it encounters a threshold it has not been able to cross fully.

What this text brings into tension

A first tension appears within the Qur’an itself. The Qur’anic text repeatedly claims to be clear, explicit, and given so that it may be understood. For example: “These are the verses of a clear Book” (S. 12:1), and then: “We have sent it down as an Arabic Qur’an so that you may understand” (S. 12:2).

Yet here the text opens with a sequence whose meaning remains unknown. For centuries, no one has been able to provide an explanation that is certain and universally recognized. A genuine question therefore arises: how can a Book that presents itself as clear begin with something that neither the text nor the tradition truly explains?

The difficulty goes beyond the case of Alif-Lām-Mīm alone. It touches the very nature of Qur’anic revelation. Should a divine word be immediately intelligible, or can it require assent before it has even revealed its meaning?

What was already known

The Bible also acknowledges that God surpasses human understanding. The prophet Isaiah reports this divine word: “My thoughts are not your thoughts, neither are your ways my ways”4. Likewise, Saint Paul exclaims: “Oh, the depth of the riches and wisdom and knowledge of God! How unsearchable are his judgments and how inscrutable his ways!”5.

In the biblical tradition as well, the letter can play a structuring role in expressing revelation. Some psalms are built according to the order of the Hebrew alphabet: each verse or stanza begins with a different letter. Psalm 118 [119], for example, is organized into twenty-two sections corresponding to the twenty-two letters of the alphabet6.

At the same time, the Bible insists on the necessity of understanding the revealed word. When the Ethiopian eunuch reads Isaiah, Philip asks him: “Do you understand what you are reading?”7. Mystery therefore does not abolish intelligence; rather, it calls for a word that opens itself and allows interpretation.

What this reading sheds light on

These three letters ultimately raise a broader question than their own enigma. They compel us to reflect on the relationship between revelation, mystery, and understanding. Here, trust seems to precede explanation, and submission to the text precedes understanding of what it says.

The Christian tradition also knows the mystery of the divine Word. Yet it expresses it differently, because the Word of God is not first a sequence of letters or even a book: it is a Person: “The Word became flesh.”8.

From that point on, the mystery is no longer merely a sign to be recited or an enigma to be contemplated. It becomes an encounter, a presence, a face. The question therefore remains open: is the divine word meant to remain closed, or to reveal itself fully in a person?

References

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān: “Ibn ʿAbbās said: Alif-Lām-Mīm means: I am Allah, the All-Knowing.” — Example of an early interpretation of the isolated letters.

2 Al-Tirmidhī, Sunan: “I do not say that Alif-Lām-Mīm is one letter; Alif is a letter, Lām is a letter, Mīm is a letter.” — Each letter recited is considered meritorious.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns: Hypothesis of ancient marks linked to manuscript transmission. — Modern research has proposed several explanations without reaching a definitive conclusion.

4 Isaiah 55:8-9: “My thoughts are not your thoughts, neither are your ways my ways.” — God surpasses human understanding.

5 Romans 11:33: “Oh, the depth of the riches and wisdom and knowledge of God! How unsearchable are his judgments and how inscrutable his ways!” — Divine wisdom surpasses human intelligence.

6 Psalm 119 [118]: alphabetic psalm where each stanza follows the order of the Hebrew alphabet — example of the symbolic use of the alphabet in biblical prayer.

7 Acts 8:30-31: “Do you understand what you are reading?” — Revelation also calls for understanding.

8 John 1:14: “And the Word became flesh.” — In the Christian faith, the Word becomes a person.

Sourate 2 – Verset 1
الم
Alif · Lām · Mīm
« Alif. Lām. Mīm. »
En un mot — Trois lettres isolées ouvrent la plus longue sourate du Coran : une énigme au seuil du Livre.

Ce que dit le texte

Le premier verset de cette deuxième sourate ne contient ni affirmation, ni récit, ni commandement. Il se compose simplement de trois lettres de l’alphabet arabe prononcées séparément : Alif, Lām, Mīm. Ces lettres ne forment ni mot ni proposition, et les traductions du Coran les conservent telles quelles, faute de pouvoir les rendre autrement.

Cette ouverture surprend d’autant plus qu’elle se trouve au seuil de la plus longue sourate du Coran. Avant toute exhortation morale ou toute affirmation doctrinale, le texte commence par une séquence dont la fonction n’est pas expliquée. Le lecteur entre ainsi dans la sourate par un signe qui précède le discours lui-même.

Ce seuil singulier prépare pourtant ce qui va suivre. Dès le verset suivant, la sourate affirme : « Voilà le Livre : pas de doute en lui » (S. 2,2). La proclamation de certitude vient donc immédiatement après une ouverture qui, elle, demeure totalement obscure.

Ce que le Coran dit ailleurs

Ces lettres appartiennent à un phénomène plus large dans le Coran. Vingt-neuf sourates commencent par de telles séquences, que la tradition islamique appelle al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, c’est-à-dire les « lettres séparées » ou les « lettres isolées ». Leur présence ne se limite donc pas à un cas isolé, mais constitue un motif récurrent dans la structure du texte coranique.

Ces séquences prennent des formes diverses. Certaines sourates commencent par une seule lettre, comme Nūn (S. 68,1), d’autres par deux comme Ṭā-Hā (S. 20,1), tandis que certaines en présentent trois, quatre ou cinq, comme Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). La diversité des combinaisons montre qu’il ne s’agit pas d’une formule unique répétée mécaniquement.

Malgré cette variété, le texte ne fournit jamais d’explication directe. Les lettres apparaissent au début d’une' sourate puis le discours coranique se poursuit sans autre forme de commentaire. Le lecteur rencontre ainsi un élément récurrent dont la fonction reste implicite dans le texte lui-même.

Ce que la tradition islamique en a dit

Très tôt, les commentateurs musulmans ont cherché à expliquer ces lettres. Certains ont pensé qu’il s’agissait d’initiales ou d’abréviations renvoyant à des noms divins ou à des formules connues. Une tradition rapportée par al-Ṭabarī attribue ainsi à Ibn ʿAbbās l’interprétation suivante : Alif-Lām-Mīm signifierait anā Allāh aʿlam, c’est-à-dire : « Moi, Allâh, je sais »1.

D’autres exégètes ont refusé de fixer une explication précise. Selon eux, ces lettres ont bien un sens, mais ce sens est connu d’Allâh seul et l’homme n’y a pas accès. Cette position est restée très influente, justement parce qu’elle permet de préserver le mystère sans prétendre le résoudre.

Dans la pratique croyante, ces lettres sont récitées comme le reste du Coran. Leur présence n’est donc pas seulement un problème d’interprétation, mais aussi un élément de la prière. Un hadith rapporté par al-Tirmidhī affirme en effet que chaque lettre du Livre procure une récompense spirituelle, même lorsque le sens n’est pas compris2.

Ce que l’histoire permet d’observer

Les chercheurs modernes ont eux aussi proposé diverses hypothèses. Certains orientalistes ont suggéré qu’il pouvait s’agir d’anciennes marques de scribes, de signes de transmission ou de notations liées à l’histoire manuscrite du texte3. D’autres ont proposé des lectures liturgiques, symboliques ou même cryptographiques.

Pourtant, aucune de ces hypothèses n’a fini par s’imposer. Les propositions sont nombreuses, parfois ingénieuses, mais aucune ne permet de conclure avec certitude. Après des siècles d’étude, ces lettres restent donc sans explication unanimement reconnue, ni dans la tradition musulmane ni dans la recherche critique.

Ce constat mérite d’être relevé. L’exégèse coranique est l’une des traditions interprétatives les plus vastes et les plus sophistiquées de l’histoire religieuse. Pourtant, dès le premier verset de la plus longue sourate du Coran, elle se heurte à un seuil qu’elle ne parvient pas à franchir pleinement.

Ce que ce texte met en tension

Une première tension apparaît à l’intérieur du Coran lui-même. Le texte coranique affirme en plusieurs endroits être clair, explicite et donné afin d’être compris. On lit par exemple : « Voici les versets d’un Livre explicite » (S. 12,1), puis : « Nous l’avons fait descendre comme un Coran arabe afin que vous compreniez » (S. 12,2).

Or le texte s’ouvre ici par une séquence dont le sens demeure inconnu. Depuis des siècles, personne n’a pu en donner une explication certaine et reconnue par tous. Il y a donc une vraie question : comment un Livre qui se présente comme clair peut-il commencer par ce que ni le texte ni la tradition n’expliquent vraiment ?

La difficulté dépasse le seul cas d’Alif-Lām-Mīm. Elle touche à la nature même de la révélation coranique. Une parole divine doit-elle être immédiatement intelligible, ou bien peut-elle demander l’adhésion avant même d’avoir livré son sens ?

Ce que l’on connaissait déjà

La Bible reconnaît elle aussi que Dieu dépasse la compréhension humaine. Le prophète Isaïe rapporte cette parole divine : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins »4. De même, saint Paul s’écrie : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! »5.

Dans la tradition biblique également, la lettre peut jouer un rôle structurant dans l’expression de la révélation. Certains psaumes sont ainsi construits selon l’ordre de l’alphabet hébreu : chaque vers ou chaque strophe commence par une lettre différente. Le Psaume 118 [119], par exemple, est organisé en vingt-deux sections correspondant aux vingt-deux lettres de l’alphabet6.

Mais la Bible insiste en même temps sur la nécessité de comprendre la parole révélée. Lorsque l’eunuque éthiopien lit Isaïe, Philippe lui demande : « Comprends-tu ce que tu lis ? »7. Le mystère n’abolit donc pas l’intelligence, mais appelle au contraire une parole qui s’ouvre et se laisse interpréter.

Ce que cette lecture éclaire

Ces trois lettres posent finalement une question plus large que leur seule énigme. Elles obligent à s’interroger sur le rapport entre révélation, mystère et compréhension. Ici, la confiance semble précéder l’explication, et la soumission au texte précède l’intelligence de ce qu’il dit.

La tradition chrétienne connaît elle aussi le mystère de la Parole divine. Mais elle l’exprime autrement, car le Verbe de Dieu n’est pas d’abord une suite de lettres ni même un livre : il est une Personne : « le Verbe s’est fait chair »8.

Dès lors, le mystère ne demeure pas seulement un signe à réciter ou une énigme à contempler. Il devient une rencontre, une présence, un visage. La question reste donc ouverte : la parole divine est-elle faite pour demeurer fermée, ou pour se révéler pleinement dans une personne ?

Références

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān : « Ibn ʿAbbās a dit : Alif-Lām-Mīm signifie : je suis Allâh, le Savant. » — Exemple d’interprétation ancienne des lettres isolées.

2 Al-Tirmidhī, Sunan : « Je ne dis pas qu’Alif-Lām-Mīm est une lettre ; Alif est une lettre, Lām est une lettre, Mīm est une lettre. » — Chaque lettre récitée est considérée comme méritoire.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : Hypothèse d’anciennes marques liées à la transmission manuscrite. — La recherche moderne a tenté plusieurs explications sans conclure définitivement.

4 Isaïe 55,8-9 : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins. » — Dieu dépasse la compréhension humaine.

5 Romains 11,33 : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! » — La sagesse divine dépasse l’intelligence humaine.

6 Psaume 119 [118] : psaume alphabétique où chaque strophe suit l’ordre des lettres de l’alphabet hébreu — exemple d’usage symbolique de l’alphabet dans la prière biblique.

7 Actes 8,30-31 : « Comprends-tu ce que tu lis ? » — La révélation appelle aussi l’intelligence.

8 Jean 1,14 : « Et le Verbe s’est fait chair. » — Dans la foi chrétienne, la Parole devient une personne.

En DE
Sure 2 · Vers 1
الم
Alif · Lām · Mīm
„Alif. Lām. Mīm.“
In einem Wort — Drei isolierte Buchstaben eröffnen die längste Sure des Korans: ein Rätsel an der Schwelle des Buches.

Was der Text sagt

Der erste Vers dieser zweiten Sure enthält weder eine Aussage noch eine Erzählung noch ein Gebot. Er besteht lediglich aus drei Buchstaben des arabischen Alphabets, die einzeln ausgesprochen werden: Alif, Lām, Mīm. Diese Buchstaben bilden weder ein Wort noch einen Satz, und die Übersetzungen des Korans behalten sie unverändert bei, da sie sich kaum anders wiedergeben lassen.

Diese Eröffnung überrascht umso mehr, als sie an der Schwelle der längsten Sure des Korans steht. Noch bevor irgendeine moralische Ermahnung oder eine lehrmäßige Aussage erscheint, beginnt der Text mit einer Folge, deren Funktion nicht erklärt wird. Der Leser tritt also in die Sure durch ein Zeichen ein, das der eigentlichen Rede vorausgeht.

Diese besondere Schwelle bereitet dennoch das vor, was folgt. Gleich im nächsten Vers erklärt die Sure: „Dies ist das Buch, an dem kein Zweifel ist“ (S. 2,2). Die Verkündigung der Gewissheit folgt also unmittelbar auf eine Eröffnung, die selbst völlig dunkel bleibt.

Was der Koran an anderer Stelle sagt

Diese Buchstaben gehören zu einem umfassenderen Phänomen im Koran. Neunundzwanzig Suren beginnen mit solchen Sequenzen, die in der islamischen Tradition al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa genannt werden, also „getrennte“ oder „isolierte Buchstaben“. Ihre Präsenz beschränkt sich daher nicht auf einen Einzelfall, sondern bildet ein wiederkehrendes Motiv in der Struktur des koranischen Textes.

Diese Sequenzen nehmen unterschiedliche Formen an. Einige Suren beginnen mit einem einzigen Buchstaben, etwa Nūn (S. 68,1), andere mit zwei, wie Ṭā-Hā (S. 20,1), während andere drei, vier oder fünf enthalten, etwa Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). Die Vielfalt der Kombinationen zeigt, dass es sich nicht um eine einzige Formel handelt, die mechanisch wiederholt wird.

Trotz dieser Vielfalt liefert der Text niemals eine direkte Erklärung. Die Buchstaben erscheinen am Anfang einer Sure, und anschließend setzt sich die koranische Rede ohne weiteren Kommentar fort. Der Leser begegnet somit einem wiederkehrenden Element, dessen Funktion im Text selbst unausgesprochen bleibt.

Was die islamische Tradition darüber gesagt hat

Schon früh versuchten muslimische Kommentatoren, diese Buchstaben zu erklären. Einige meinten, es handle sich um Initialen oder Abkürzungen, die auf göttliche Namen oder bekannte Formeln verweisen. Eine von al-Ṭabarī überlieferte Tradition schreibt Ibn ʿAbbās beispielsweise folgende Deutung zu: Alif-Lām-Mīm bedeute anā Allāh aʿlam, also: „Ich, Allah, weiß es.“1.

Andere Exegeten weigerten sich, eine genaue Erklärung festzulegen. Ihrer Ansicht nach haben diese Buchstaben durchaus eine Bedeutung, doch diese Bedeutung ist allein Allah bekannt und bleibt dem Menschen verborgen. Diese Position ist sehr einflussreich geblieben, gerade weil sie das Geheimnis bewahrt, ohne vorzugeben, es aufzulösen.

In der religiösen Praxis werden diese Buchstaben wie der übrige Koran rezitiert. Ihre Präsenz ist daher nicht nur ein Problem der Auslegung, sondern auch ein Element des Gebets. Ein von al-Tirmidhī überlieferter Hadith erklärt nämlich, dass jeder Buchstabe des Buches eine geistliche Belohnung bringt, selbst wenn sein Sinn nicht verstanden wird2.

Was die Geschichte beobachten lässt

Auch moderne Forscher haben verschiedene Hypothesen vorgeschlagen. Einige Orientalisten vermuteten, es könne sich um alte Schreiberzeichen, Überlieferungsmarken oder Notationen handeln, die mit der Handschriftengeschichte des Textes zusammenhängen3. Andere schlugen liturgische, symbolische oder sogar kryptographische Deutungen vor.

Doch keine dieser Hypothesen hat sich letztlich durchgesetzt. Die Vorschläge sind zahlreich, mitunter einfallsreich, doch keiner erlaubt eine sichere Schlussfolgerung. Nach Jahrhunderten der Forschung bleiben diese Buchstaben daher ohne allgemein anerkannte Erklärung, weder in der muslimischen Tradition noch in der kritischen Wissenschaft.

Diese Feststellung verdient Beachtung. Die koranische Exegese gehört zu den umfangreichsten und anspruchsvollsten Auslegungstraditionen der Religionsgeschichte. Dennoch stößt sie bereits im ersten Vers der längsten Sure des Korans auf eine Schwelle, die sie nicht vollständig zu überschreiten vermag.

Welche Spannung dieser Text hervorruft

Eine erste Spannung zeigt sich im Koran selbst. Der koranische Text erklärt an mehreren Stellen, klar und deutlich zu sein und gegeben worden zu sein, damit er verstanden werde. So heißt es etwa: „Dies sind die Verse eines klaren Buches“ (S. 12,1), und weiter: „Wir haben ihn als einen arabischen Koran herabgesandt, damit ihr versteht“ (S. 12,2).

Hier jedoch beginnt der Text mit einer Folge, deren Bedeutung unbekannt bleibt. Seit Jahrhunderten hat niemand eine Erklärung geben können, die sicher und allgemein anerkannt wäre. Es stellt sich daher eine echte Frage: Wie kann ein Buch, das sich selbst als klar bezeichnet, mit etwas beginnen, das weder der Text noch die Tradition wirklich erklärt?

Die Schwierigkeit geht über den Fall von Alif-Lām-Mīm hinaus. Sie berührt die Natur der koranischen Offenbarung selbst. Muss ein göttliches Wort unmittelbar verständlich sein, oder kann es Zustimmung verlangen, noch bevor es seinen Sinn offenbart hat?

Was man bereits wusste

Auch die Bibel erkennt an, dass Gott das menschliche Verständnis übersteigt. Der Prophet Jesaja überliefert dieses göttliche Wort: „Meine Gedanken sind nicht eure Gedanken, und eure Wege sind nicht meine Wege“4. Ebenso ruft der heilige Paulus aus: „O Tiefe des Reichtums, der Weisheit und der Erkenntnis Gottes! Wie unergründlich sind seine Entscheidungen und wie unerforschlich seine Wege!“5.

Auch in der biblischen Tradition kann der Buchstabe eine strukturierende Rolle im Ausdruck der Offenbarung spielen. Einige Psalmen sind nach der Reihenfolge des hebräischen Alphabets aufgebaut: Jeder Vers oder jede Strophe beginnt mit einem anderen Buchstaben. Der Psalm 118 [119] etwa ist in zweiundzwanzig Abschnitte gegliedert, die den zweiundzwanzig Buchstaben des Alphabets entsprechen6.

Gleichzeitig betont die Bibel jedoch die Notwendigkeit, das offenbarte Wort zu verstehen. Als der äthiopische Kämmerer Jesaja liest, fragt ihn Philippus: „Verstehst du auch, was du liest?“7. Das Geheimnis hebt also die Vernunft nicht auf, sondern ruft vielmehr ein Wort hervor, das sich öffnet und ausgelegt werden kann.

Was diese Lektüre erhellt

Diese drei Buchstaben stellen letztlich eine umfassendere Frage als ihr eigenes Rätsel. Sie zwingen dazu, über das Verhältnis von Offenbarung, Geheimnis und Verständnis nachzudenken. Hier scheint das Vertrauen der Erklärung vorauszugehen, und die Unterwerfung unter den Text geht dem Verständnis dessen voraus, was er sagt.

Auch die christliche Tradition kennt das Geheimnis des göttlichen Wortes. Doch sie drückt es anders aus, denn das Wort Gottes ist nicht zuerst eine Folge von Buchstaben oder gar ein Buch: Es ist eine Person: „Und das Wort ist Fleisch geworden.“8.

Damit bleibt das Geheimnis nicht nur ein Zeichen, das man rezitiert, oder ein Rätsel, das man betrachtet. Es wird zu einer Begegnung, zu einer Gegenwart, zu einem Gesicht. Die Frage bleibt daher offen: Ist das göttliche Wort dazu bestimmt, verschlossen zu bleiben, oder sich vollständig in einer Person zu offenbaren?

Referenzen

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān: „Ibn ʿAbbās sagte: Alif-Lām-Mīm bedeutet: Ich bin Allah, der Wissende.“ — Beispiel einer frühen Deutung der isolierten Buchstaben.

2 Al-Tirmidhī, Sunan: „Ich sage nicht, dass Alif-Lām-Mīm ein Buchstabe ist; Alif ist ein Buchstabe, Lām ist ein Buchstabe, Mīm ist ein Buchstabe.“ — Jeder rezitierte Buchstabe gilt als verdienstvoll.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns: Hypothese alter Zeichen im Zusammenhang mit der handschriftlichen Überlieferung. — Die moderne Forschung hat mehrere Erklärungen vorgeschlagen, ohne zu einem endgültigen Ergebnis zu gelangen.

4 Jesaja 55,8–9: „Meine Gedanken sind nicht eure Gedanken, und eure Wege sind nicht meine Wege.“ — Gott übersteigt das menschliche Verständnis.

5 Römer 11,33: „O Tiefe des Reichtums, der Weisheit und der Erkenntnis Gottes! Wie unergründlich sind seine Entscheidungen und wie unerforschlich seine Wege!“ — Die göttliche Weisheit übersteigt die menschliche Vernunft.

6 Psalm 119 [118]: alphabetischer Psalm, dessen Strophen der Reihenfolge des hebräischen Alphabets folgen — Beispiel für die symbolische Verwendung des Alphabets im biblischen Gebet.

7 Apostelgeschichte 8,30–31: „Verstehst du auch, was du liest?“ — Offenbarung ruft auch zum Verständnis.

8 Johannes 1,14: „Und das Wort ist Fleisch geworden.“ — Im christlichen Glauben wird das Wort zu einer Person.

En ES
Sura 2 · Versículo 1
الم
Alif · Lām · Mīm
« Alif. Lām. Mīm. »
En una palabra — Tres letras aisladas abren la sura más larga del Corán: un enigma en el umbral del Libro.

Lo que dice el texto

El primer versículo de esta segunda sura no contiene ni afirmación, ni relato, ni mandato. Se compone simplemente de tres letras del alfabeto árabe pronunciadas por separado: Alif, Lām, Mīm. Estas letras no forman ni palabra ni proposición, y las traducciones del Corán las conservan tal cual, ya que no pueden traducirse de otra manera.

Esta apertura sorprende aún más porque se encuentra en el umbral de la sura más larga del Corán. Antes de cualquier exhortación moral o afirmación doctrinal, el texto comienza con una secuencia cuya función no se explica. El lector entra así en la sura a través de un signo que precede al propio discurso.

Sin embargo, este umbral singular prepara lo que viene después. Desde el versículo siguiente, la sura afirma: « Este es el Libro: no hay duda en él » (S. 2,2). La proclamación de certeza aparece inmediatamente después de una apertura que, en sí misma, permanece completamente oscura.

Lo que el Corán dice en otros lugares

Estas letras pertenecen a un fenómeno más amplio dentro del Corán. Veintinueve suras comienzan con tales secuencias, que la tradición islámica llama al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, es decir, las « letras separadas » o « letras aisladas ». Su presencia no se limita por tanto a un caso aislado, sino que constituye un motivo recurrente en la estructura del texto coránico.

Estas secuencias adoptan formas diversas. Algunas suras comienzan con una sola letra, como Nūn (S. 68,1); otras con dos, como Ṭā-Hā (S. 20,1); mientras que algunas presentan tres, cuatro o cinco, como Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). La diversidad de combinaciones muestra que no se trata de una fórmula única repetida mecánicamente.

A pesar de esta variedad, el texto nunca ofrece una explicación directa. Las letras aparecen al comienzo de una sura y el discurso coránico continúa después sin ningún comentario adicional. El lector se encuentra así con un elemento recurrente cuya función permanece implícita en el propio texto.

Lo que ha dicho la tradición islámica

Muy pronto, los comentaristas musulmanes trataron de explicar estas letras. Algunos pensaron que se trataba de iniciales o abreviaturas que remitían a nombres divinos o a fórmulas conocidas. Una tradición transmitida por al-Ṭabarī atribuye, por ejemplo, a Ibn ʿAbbās la siguiente interpretación: Alif-Lām-Mīm significaría anā Allāh aʿlam, es decir: « Yo, Allah, sé »1.

Otros exegetas se negaron a fijar una explicación precisa. Según ellos, estas letras tienen efectivamente un sentido, pero ese sentido es conocido sólo por Allah y el ser humano no tiene acceso a él. Esta posición ha permanecido muy influyente, precisamente porque permite conservar el misterio sin pretender resolverlo.

En la práctica creyente, estas letras se recitan como el resto del Corán. Su presencia no es por tanto sólo un problema de interpretación, sino también un elemento de la oración. Un hadiz transmitido por al-Tirmidhī afirma en efecto que cada letra del Libro procura una recompensa espiritual, incluso cuando su significado no se comprende2.

Lo que permite observar la historia

Los investigadores modernos también han propuesto diversas hipótesis. Algunos orientalistas han sugerido que podrían tratarse de antiguas marcas de escribas, signos de transmisión o anotaciones relacionadas con la historia manuscrita del texto3. Otros han propuesto interpretaciones litúrgicas, simbólicas o incluso criptográficas.

Sin embargo, ninguna de estas hipótesis ha llegado a imponerse. Las propuestas son numerosas, a veces ingeniosas, pero ninguna permite llegar a una conclusión segura. Después de siglos de estudio, estas letras siguen sin tener una explicación universalmente aceptada, ni en la tradición musulmana ni en la investigación crítica.

Este hecho merece ser señalado. La exégesis coránica es una de las tradiciones interpretativas más amplias y sofisticadas de la historia religiosa. Sin embargo, desde el primer versículo de la sura más larga del Corán, se encuentra con un umbral que no logra atravesar plenamente.

La tensión que plantea este texto

Una primera tensión aparece dentro del propio Corán. El texto coránico afirma en varios lugares ser claro, explícito y dado para ser comprendido. Por ejemplo: « Estos son los versículos de un Libro claro » (S. 12,1), y luego: « Lo hemos hecho descender como un Corán árabe para que comprendáis » (S. 12,2).

Sin embargo, aquí el texto comienza con una secuencia cuyo sentido permanece desconocido. Durante siglos, nadie ha podido ofrecer una explicación segura y reconocida por todos. Surge entonces una verdadera pregunta: ¿cómo puede un Libro que se presenta como claro comenzar con algo que ni el texto ni la tradición explican realmente?

La dificultad va más allá del caso de Alif-Lām-Mīm. Afecta a la propia naturaleza de la revelación coránica. ¿Debe una palabra divina ser inmediatamente inteligible, o puede exigir adhesión antes incluso de haber revelado su sentido?

Lo que ya se conocía

La Biblia también reconoce que Dios supera la comprensión humana. El profeta Isaías transmite esta palabra divina: « Mis pensamientos no son vuestros pensamientos, ni vuestros caminos son mis caminos »4. Del mismo modo, san Pablo exclama: « ¡Qué profundidad la de la riqueza, la sabiduría y el conocimiento de Dios! ¡Qué insondables son sus juicios y qué inescrutables sus caminos! »5.

En la tradición bíblica, la letra también puede desempeñar un papel estructurante en la expresión de la revelación. Algunos salmos están construidos según el orden del alfabeto hebreo: cada versículo o estrofa comienza con una letra diferente. El Salmo 118 [119], por ejemplo, está organizado en veintidós secciones correspondientes a las veintidós letras del alfabeto6.

Pero la Biblia insiste al mismo tiempo en la necesidad de comprender la palabra revelada. Cuando el eunuco etíope lee a Isaías, Felipe le pregunta: « ¿Entiendes lo que estás leyendo? »7. El misterio no suprime la inteligencia, sino que llama precisamente a una palabra que se abre y puede ser interpretada.

Lo que esta lectura ilumina

Estas tres letras plantean finalmente una cuestión más amplia que su propio enigma. Obligan a reflexionar sobre la relación entre revelación, misterio y comprensión. Aquí, la confianza parece preceder a la explicación, y la sumisión al texto precede a la inteligencia de lo que dice.

La tradición cristiana también conoce el misterio de la Palabra divina. Pero lo expresa de otra manera, porque la Palabra de Dios no es ante todo una serie de letras ni siquiera un libro: es una Persona: « Y el Verbo se hizo carne »8.

Desde ese momento, el misterio ya no es sólo un signo que se recita o un enigma que se contempla. Se convierte en un encuentro, una presencia, un rostro. La pregunta permanece abierta: ¿la palabra divina está hecha para permanecer cerrada o para revelarse plenamente en una persona?

Referencias

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān : « Ibn ʿAbbās dijo: Alif-Lām-Mīm significa: yo soy Allah, el Sabio. » — Ejemplo de interpretación antigua de las letras aisladas.

2 Al-Tirmidhī, Sunan : « No digo que Alif-Lām-Mīm sea una sola letra; Alif es una letra, Lām es una letra y Mīm es una letra. » — Cada letra recitada se considera meritoria.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : Hipótesis de antiguas marcas relacionadas con la transmisión manuscrita. — La investigación moderna ha propuesto varias explicaciones sin llegar a una conclusión definitiva.

4 Isaías 55,8-9 : « Mis pensamientos no son vuestros pensamientos, ni vuestros caminos son mis caminos. » — Dios supera la comprensión humana.

5 Romanos 11,33 : « ¡Qué profundidad la de la riqueza, la sabiduría y el conocimiento de Dios! » — La sabiduría divina supera la inteligencia humana.

6 Salmo 119 [118] : salmo alfabético en el que cada estrofa sigue el orden del alfabeto hebreo — ejemplo del uso simbólico del alfabeto en la oración bíblica.

7 Hechos 8,30-31 : « ¿Entiendes lo que estás leyendo? » — La revelación también llama a la comprensión.

8 Juan 1,14 : « Y el Verbo se hizo carne. » — En la fe cristiana, la Palabra se hace persona.

En HI
सूरह 2 · आयत 1
الم
Alif · Lām · Mīm
« अलिफ़. लाम. मीम. »
एक शब्द में — तीन अलग-थलग अक्षर कुरआन की सबसे लंबी सूरह की शुरुआत करते हैं: किताब की दहलीज़ पर एक पहेली।

पाठ क्या कहता है

इस दूसरी सूरह की पहली आयत में न कोई कथन है, न कथा, न आदेश। यह केवल अरबी वर्णमाला के तीन अक्षरों से बनी है जिन्हें अलग-अलग उच्चारित किया जाता है: अलिफ़, लाम, मीम। ये अक्षर न कोई शब्द बनाते हैं और न ही कोई वाक्य, इसलिए कुरआन के अनुवाद इन्हें उसी रूप में बनाए रखते हैं, क्योंकि इन्हें वास्तव में किसी और तरह व्यक्त नहीं किया जा सकता।

यह आरम्भ इसलिए और भी आश्चर्यजनक है क्योंकि यह कुरआन की सबसे लंबी सूरह की दहलीज़ पर स्थित है। किसी भी नैतिक उपदेश या सिद्धान्तात्मक कथन से पहले, पाठ एक ऐसी श्रेणी से शुरू होता है जिसकी भूमिका समझाई नहीं जाती। इस प्रकार पाठक सूरह में प्रवेश एक ऐसे संकेत के माध्यम से करता है जो स्वयं भाषण से पहले आता है।

फिर भी यह विशेष दहलीज़ आगे आने वाली बातों की तैयारी करती है। अगले ही आयत में सूरह घोषणा करती है: « यह वह किताब है जिसमें कोई संदेह नहीं » (सूरह 2,2)। इस प्रकार निश्चितता की घोषणा एक ऐसे आरम्भ के तुरंत बाद आती है जो स्वयं पूरी तरह अस्पष्ट बना रहता है।

कुरआन अन्य स्थानों पर क्या कहता है

ये अक्षर कुरआन में एक व्यापक घटना का हिस्सा हैं। उनतीस सूरहें ऐसी हैं जो इसी प्रकार की श्रेणियों से आरम्भ होती हैं, जिन्हें इस्लामी परंपरा अल-हुरूफ़ अल-मुक़त्तआ कहती है, अर्थात « अलग किए गए अक्षर » या « पृथक अक्षर »। इसलिए इनकी उपस्थिति कोई अकेला उदाहरण नहीं है, बल्कि कुरआनी पाठ की संरचना में एक बार-बार दिखाई देने वाला रूप है।

ये श्रेणियाँ विभिन्न रूप लेती हैं। कुछ सूरहें केवल एक अक्षर से शुरू होती हैं, जैसे नून (सूरह 68,1); कुछ दो से, जैसे ता-हा (सूरह 20,1); और कुछ तीन, चार या पाँच अक्षरों से, जैसे काफ-हा-या-अयन-साद (सूरह 19,1)। संयोजनों की यह विविधता दिखाती है कि यह कोई एक सूत्र नहीं है जिसे यांत्रिक रूप से दोहराया गया हो।

फिर भी, इस विविधता के बावजूद पाठ कभी भी सीधी व्याख्या नहीं देता। अक्षर सूरह की शुरुआत में दिखाई देते हैं और उसके बाद कुरआनी वचन बिना किसी अतिरिक्त टिप्पणी के आगे बढ़ जाता है। इस प्रकार पाठक एक ऐसे तत्व से सामना करता है जिसकी भूमिका स्वयं पाठ के भीतर ही अप्रकट रहती है।

इस्लामी परंपरा ने इसके बारे में क्या कहा

बहुत प्रारम्भ से ही मुस्लिम व्याख्याकारों ने इन अक्षरों को समझाने का प्रयास किया। कुछ ने सोचा कि यह किसी दिव्य नाम या प्रसिद्ध सूत्र के संक्षेपाक्षर हो सकते हैं। अल-तबरी द्वारा उद्धृत एक परंपरा उदाहरण के लिए इब्न अब्बास से यह व्याख्या जोड़ती है: अलिफ-लाम-मीम का अर्थ होगा अना अल्लाह आलम, अर्थात: « मैं, अल्लाह, जानता हूँ »1

अन्य व्याख्याकारों ने किसी निश्चित अर्थ को निर्धारित करने से इनकार किया। उनके अनुसार इन अक्षरों का एक अर्थ अवश्य है, पर वह अर्थ केवल अल्लाह को ज्ञात है और मनुष्य उसकी पहुँच से बाहर है। यह दृष्टिकोण इसलिए बहुत प्रभावशाली रहा है क्योंकि यह रहस्य को सुरक्षित रखता है बिना उसे हल करने का दावा किए।

धार्मिक व्यवहार में इन अक्षरों का पाठ कुरआन के बाकी हिस्सों की तरह ही किया जाता है। इसलिए इनकी उपस्थिति केवल व्याख्या का प्रश्न नहीं है बल्कि प्रार्थना का भी एक तत्व है। अल-तिरमिधी द्वारा वर्णित एक हदीस कहती है कि किताब का हर अक्षर आध्यात्मिक प्रतिफल देता है, भले ही उसका अर्थ समझ में न आए2

इतिहास क्या देखने देता है

आधुनिक शोधकर्ताओं ने भी विभिन्न परिकल्पनाएँ प्रस्तुत की हैं। कुछ ओरिएंटलिस्टों ने सुझाव दिया कि ये प्राचीन लिपिक चिह्न, संप्रेषण के संकेत या पाठ के पांडुलिपि इतिहास से जुड़े संकेत हो सकते हैं3। अन्य विद्वानों ने लिटर्जिकल, प्रतीकात्मक या यहाँ तक कि सांकेतिक व्याख्याएँ भी प्रस्तावित की हैं।

फिर भी इनमें से कोई भी परिकल्पना निर्णायक रूप से स्थापित नहीं हो सकी। प्रस्ताव अनेक हैं, कभी-कभी अत्यंत सूझबूझ वाले, परन्तु कोई भी निश्चित निष्कर्ष तक नहीं पहुँचाता। कई शताब्दियों के अध्ययन के बाद भी ये अक्षर बिना सर्वसम्मत व्याख्या के बने हुए हैं, न तो मुस्लिम परंपरा में और न ही आलोचनात्मक शोध में।

यह तथ्य उल्लेखनीय है। कुरआनी व्याख्या धार्मिक इतिहास की सबसे व्यापक और परिष्कृत व्याख्यात्मक परंपराओं में से एक है। फिर भी कुरआन की सबसे लंबी सूरह की पहली आयत से ही वह एक ऐसी दहलीज़ से टकराती है जिसे पूरी तरह पार नहीं कर पाती।

यह पाठ किस तनाव को उजागर करता है

पहला तनाव स्वयं कुरआन के भीतर दिखाई देता है। कुरआनी पाठ कई स्थानों पर स्वयं को स्पष्ट और समझने के लिए दिया गया बताता है। उदाहरण के लिए: « ये एक स्पष्ट किताब की आयतें हैं » (सूरह 12,1), और फिर: « हमने इसे अरबी कुरआन के रूप में उतारा ताकि तुम समझो » (सूरह 12,2)।

लेकिन यहाँ पाठ एक ऐसी श्रेणी से आरम्भ होता है जिसका अर्थ अज्ञात रहता है। सदियों से कोई भी ऐसी व्याख्या प्रस्तुत नहीं कर पाया जो निश्चित और सर्वमान्य हो। इसलिए एक वास्तविक प्रश्न उठता है: एक किताब जो स्वयं को स्पष्ट कहती है, वह ऐसी चीज़ से कैसे शुरू हो सकती है जिसे न पाठ स्वयं और न ही परंपरा वास्तव में समझा पाती है?

यह कठिनाई केवल अलिफ-लाम-मीम के मामले तक सीमित नहीं है। यह स्वयं कुरआनी रहस्योद्घाटन की प्रकृति को छूती है। क्या दिव्य वचन तुरंत समझ में आने वाला होना चाहिए, या वह पहले विश्वास की माँग कर सकता है, उसके अर्थ के प्रकट होने से भी पहले?

जो पहले से ज्ञात था

बाइबिल भी स्वीकार करती है कि परमेश्वर मानव समझ से परे है। नबी यशायाह यह दिव्य वचन सुनाते हैं: « मेरे विचार तुम्हारे विचार नहीं हैं, और तुम्हारे मार्ग मेरे मार्ग नहीं हैं »4। इसी प्रकार संत पौलुस पुकार उठते हैं: « परमेश्वर की धन-सम्पत्ति, ज्ञान और बुद्धि कितनी गहरी है! उसके निर्णय अगम्य हैं और उसके मार्ग अथाह हैं! »5

बाइबिल की परंपरा में भी अक्षर रहस्योद्घाटन की अभिव्यक्ति में एक संरचनात्मक भूमिका निभा सकते हैं। कुछ भजन हिब्रू वर्णमाला के क्रम के अनुसार बनाए गए हैं: प्रत्येक पद या स्तोत्र एक अलग अक्षर से शुरू होता है। उदाहरण के लिए भजन 118 [119] बाईस खंडों में व्यवस्थित है जो वर्णमाला के बाईस अक्षरों से मेल खाते हैं6

फिर भी बाइबिल साथ ही प्रकट वचन को समझने की आवश्यकता पर ज़ोर देती है। जब इथियोपियाई खोजा यशायाह को पढ़ता है, तो फिलिप उससे पूछता है: « क्या तुम समझते हो कि तुम क्या पढ़ रहे हो? »7। इसलिए रहस्य बुद्धि को समाप्त नहीं करता, बल्कि एक ऐसे वचन को बुलाता है जो खुलता है और जिसकी व्याख्या की जा सकती है।

यह पाठ क्या स्पष्ट करता है

ये तीन अक्षर अंततः केवल अपनी पहेली से बड़ी एक समस्या उठाते हैं। वे हमें रहस्योद्घाटन, रहस्य और समझ के संबंध पर विचार करने के लिए बाध्य करते हैं। यहाँ विश्वास स्पष्टीकरण से पहले आता हुआ प्रतीत होता है, और पाठ के प्रति समर्पण उसके अर्थ की समझ से पहले।

ईसाई परंपरा भी परमेश्वर के वचन के रहस्य को जानती है। पर वह इसे अलग ढंग से व्यक्त करती है, क्योंकि परमेश्वर का वचन सबसे पहले अक्षरों की एक श्रृंखला या एक पुस्तक नहीं है: वह एक व्यक्ति है: « वचन देह बना »8

इस प्रकार रहस्य केवल एक चिन्ह नहीं रहता जिसे दोहराया जाए या एक पहेली जिसे देखा जाए। वह एक मुलाक़ात, एक उपस्थिति, एक चेहरा बन जाता है। इसलिए प्रश्न खुला रहता है: क्या दिव्य वचन बंद रहने के लिए है, या किसी व्यक्ति में पूर्ण रूप से प्रकट होने के लिए?

संदर्भ

1 अल-तबरी, जामिअ अल-बयान : « इब्न अब्बास ने कहा: अलिफ-लाम-मीम का अर्थ है: मैं अल्लाह हूँ, सब जानने वाला। » — अलग-थलग अक्षरों की एक प्राचीन व्याख्या का उदाहरण।

2 अल-तिरमिधी, सुनन : « मैं यह नहीं कहता कि अलिफ-लाम-मीम एक ही अक्षर है; अलिफ एक अक्षर है, लाम एक अक्षर है और मीम एक अक्षर है। » — प्रत्येक अक्षर का पाठ पुण्यदायी माना जाता है।

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : पांडुलिपि परंपरा से जुड़े प्राचीन चिह्नों की परिकल्पना। — आधुनिक शोध ने कई व्याख्याएँ प्रस्तुत की हैं, परन्तु कोई अंतिम निष्कर्ष नहीं निकला।

4 यशायाह 55,8-9 : « मेरे विचार तुम्हारे विचार नहीं हैं, और तुम्हारे मार्ग मेरे मार्ग नहीं हैं। » — परमेश्वर मानव समझ से परे है।

5 रोमियों 11,33 : « परमेश्वर की बुद्धि और ज्ञान की गहराई! » — दिव्य बुद्धि मानव बुद्धि से परे है।

6 भजन 119 [118] : वर्णमाला पर आधारित भजन जिसमें प्रत्येक स्तोत्र हिब्रू वर्णमाला के क्रम का अनुसरण करता है — बाइबिल प्रार्थना में वर्णमाला के प्रतीकात्मक प्रयोग का उदाहरण।

7 प्रेरितों के काम 8,30-31 : « क्या तुम समझते हो कि तुम क्या पढ़ रहे हो? » — रहस्योद्घाटन समझ को भी बुलाता है।

8 यूहन्ना 1,14 : « और वचन देह बना। » — ईसाई विश्वास में वचन एक व्यक्ति बन जाता है।

en PT
Surata 2 · Versículo 1
الم
Alif · Lām · Mīm
« Alif. Lām. Mīm. »
Em uma palavra — Três letras isoladas abrem a surata mais longa do Corão: um enigma no limiar do Livro.

O que o texto diz

O primeiro versículo desta segunda surata não contém afirmação, narrativa nem mandamento. Ele consiste simplesmente em três letras do alfabeto árabe pronunciadas separadamente: Alif, Lām, Mīm. Essas letras não formam palavra nem frase, e as traduções do Corão as conservam tal como estão, pois não podem ser realmente traduzidas de outra forma.

Essa abertura surpreende ainda mais porque se encontra no limiar da surata mais longa do Corão. Antes de qualquer exortação moral ou afirmação doutrinária, o texto começa com uma sequência cuja função não é explicada. O leitor entra assim na surata por meio de um sinal que precede o próprio discurso.

Esse limiar singular, no entanto, prepara o que vem a seguir. Já no versículo seguinte, a surata afirma: « Este é o Livro: nele não há dúvida » (S. 2,2). A proclamação da certeza vem, portanto, imediatamente depois de uma abertura que, por si mesma, permanece totalmente obscura.

O que o Corão diz em outros lugares

Essas letras pertencem a um fenômeno mais amplo dentro do Corão. Vinte e nove suratas começam com sequências desse tipo, que a tradição islâmica chama al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, isto é, as « letras separadas » ou « letras isoladas ». Sua presença, portanto, não se limita a um caso isolado, mas constitui um motivo recorrente na estrutura do texto corânico.

Essas sequências assumem formas diversas. Algumas suratas começam com uma única letra, como Nūn (S. 68,1); outras com duas, como Ṭā-Hā (S. 20,1); enquanto algumas apresentam três, quatro ou cinco, como Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). A diversidade das combinações mostra que não se trata de uma fórmula única repetida mecanicamente.

Apesar dessa variedade, o texto nunca fornece uma explicação direta. As letras aparecem no início de uma surata e o discurso corânico continua sem qualquer comentário adicional. O leitor encontra assim um elemento recorrente cuja função permanece implícita no próprio texto.

O que a tradição islâmica disse

Muito cedo, os comentadores muçulmanos procuraram explicar essas letras. Alguns pensaram que se tratava de iniciais ou abreviações que remetiam a nomes divinos ou a fórmulas conhecidas. Uma tradição relatada por al-Ṭabarī atribui, por exemplo, a Ibn ʿAbbās a seguinte interpretação: Alif-Lām-Mīm significaria anā Allāh aʿlam, isto é: « Eu, Allah, sei »1.

Outros exegetas recusaram fixar uma explicação precisa. Segundo eles, essas letras têm de fato um significado, mas esse significado é conhecido apenas por Allah e permanece inacessível ao ser humano. Essa posição permaneceu muito influente justamente porque preserva o mistério sem pretender resolvê-lo.

Na prática religiosa, essas letras são recitadas como o restante do Corão. Sua presença não é, portanto, apenas um problema de interpretação, mas também um elemento da oração. Um hadith relatado por al-Tirmidhī afirma, com efeito, que cada letra do Livro traz uma recompensa espiritual, mesmo quando o sentido não é compreendido2.

O que a história permite observar

Pesquisadores modernos também propuseram diversas hipóteses. Alguns orientalistas sugeriram que poderia tratar-se de antigas marcas de escribas, sinais de transmissão ou anotações ligadas à história manuscrita do texto3. Outros propuseram leituras litúrgicas, simbólicas ou até criptográficas.

No entanto, nenhuma dessas hipóteses acabou por se impor. As propostas são numerosas, às vezes engenhosas, mas nenhuma permite chegar a uma conclusão segura. Após séculos de estudo, essas letras permanecem sem uma explicação unanimemente reconhecida, nem na tradição muçulmana nem na pesquisa crítica.

Essa constatação merece ser notada. A exegese corânica é uma das tradições interpretativas mais vastas e sofisticadas da história religiosa. Contudo, já no primeiro versículo da surata mais longa do Corão, ela se depara com um limiar que não consegue atravessar plenamente.

O que este texto coloca em tensão

Uma primeira tensão aparece dentro do próprio Corão. O texto corânico afirma em vários lugares ser claro, explícito e dado para ser compreendido. Lê-se, por exemplo: « Estes são os versículos de um Livro claro » (S. 12,1), e depois: « Nós o fizemos descer como um Corão árabe para que compreendais » (S. 12,2).

No entanto, aqui o texto começa com uma sequência cujo significado permanece desconhecido. Durante séculos, ninguém conseguiu oferecer uma explicação certa e reconhecida por todos. Surge então uma verdadeira questão: como um Livro que se apresenta como claro pode começar por algo que nem o próprio texto nem a tradição realmente explicam?

A dificuldade ultrapassa o caso de Alif-Lām-Mīm. Ela toca a própria natureza da revelação corânica. Uma palavra divina deve ser imediatamente inteligível, ou pode exigir adesão antes mesmo de ter revelado o seu sentido?

O que já se conhecia

A Bíblia também reconhece que Deus ultrapassa a compreensão humana. O profeta Isaías transmite esta palavra divina: « Meus pensamentos não são os vossos pensamentos, e os vossos caminhos não são os meus caminhos »4. Do mesmo modo, São Paulo exclama: « Ó profundidade da riqueza, da sabedoria e do conhecimento de Deus! Como são insondáveis os seus juízos e inescrutáveis os seus caminhos! »5.

Na tradição bíblica também a letra pode desempenhar um papel estruturante na expressão da revelação. Alguns salmos são construídos segundo a ordem do alfabeto hebraico: cada versículo ou cada estrofe começa com uma letra diferente. O Salmo 118 [119], por exemplo, está organizado em vinte e duas secções correspondentes às vinte e duas letras do alfabeto6.

Mas a Bíblia insiste ao mesmo tempo na necessidade de compreender a palavra revelada. Quando o eunuco etíope lê Isaías, Filipe pergunta-lhe: « Compreendes o que estás a ler? »7. O mistério, portanto, não elimina a inteligência; pelo contrário, chama uma palavra que se abre e se deixa interpretar.

O que esta leitura ilumina

Essas três letras levantam, afinal, uma questão mais ampla do que o seu próprio enigma. Elas obrigam a interrogar a relação entre revelação, mistério e compreensão. Aqui, a confiança parece preceder a explicação, e a submissão ao texto precede a inteligência do que ele diz.

A tradição cristã também conhece o mistério da Palavra divina. Mas ela o exprime de outra maneira, pois a Palavra de Deus não é antes de tudo uma sequência de letras nem sequer um livro: é uma Pessoa: « O Verbo fez-se carne »8.

Assim, o mistério já não permanece apenas um sinal a recitar ou um enigma a contemplar. Ele torna-se um encontro, uma presença, um rosto. A questão permanece aberta: a palavra divina foi feita para permanecer fechada, ou para revelar-se plenamente numa pessoa?

Referências

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān : « Ibn ʿAbbās disse: Alif-Lām-Mīm significa: eu sou Allah, o Sabedor. » — Exemplo de interpretação antiga das letras isoladas.

2 Al-Tirmidhī, Sunan : « Não digo que Alif-Lām-Mīm seja uma única letra; Alif é uma letra, Lām é uma letra, Mīm é uma letra. » — Cada letra recitada é considerada meritória.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : Hipótese de antigas marcas ligadas à transmissão manuscrita. — A investigação moderna propôs várias explicações sem chegar a uma conclusão definitiva.

4 Isaías 55,8-9 : « Meus pensamentos não são os vossos pensamentos, e os vossos caminhos não são os meus caminhos. » — Deus ultrapassa a compreensão humana.

5 Romanos 11,33 : « Ó profundidade da riqueza, da sabedoria e do conhecimento de Deus! » — A sabedoria divina ultrapassa a inteligência humana.

6 Salmo 119 [118] : salmo alfabético em que cada estrofe segue a ordem das letras do alfabeto hebraico — exemplo do uso simbólico do alfabeto na oração bíblica.

7 Atos 8,30-31 : « Compreendes o que estás a ler? » — A revelação também chama à compreensão.

8 João 1,14 : « E o Verbo fez-se carne. » — Na fé cristã, a Palavra torna-se uma pessoa.

En TR
Sure 2 · Ayet 1
الم
Alif · Lām · Mīm
« Elif. Lâm. Mîm. »
Tek kelimeyle — Üç ayrı harf Kur’an’ın en uzun suresini açar: Kitabın eşiğinde bir bilmece.

Metnin söylediği

Bu ikinci surenin ilk ayeti ne bir ifade, ne bir anlatı ne de bir emir içerir. Sadece Arap alfabesinin ayrı ayrı telaffuz edilen üç harfinden oluşur: Elif, Lâm, Mîm. Bu harfler ne bir kelime ne de bir cümle oluşturur; bu yüzden Kur’an çevirileri onları olduğu gibi bırakır, çünkü başka türlü aktarmak mümkün değildir.

Bu başlangıç özellikle şaşırtıcıdır, çünkü Kur’an’ın en uzun suresinin eşiğinde yer alır. Herhangi bir ahlaki öğüt ya da doktrinel ifade gelmeden önce metin, işlevi açıklanmayan bir diziyle başlar. Okuyucu böylece sureye, söylemin kendisinden önce gelen bir işaret aracılığıyla girer.

Yine de bu özgün eşik, ardından gelecek olanı hazırlar. Hemen bir sonraki ayette sure şöyle ilan eder: « Bu Kitaptır; onda hiçbir şüphe yoktur » (S. 2,2). Böylece kesinlik ilanı, kendisi tamamen belirsiz kalan bir açılışın hemen ardından gelir.

Kur’an’ın başka yerlerde söyledikleri

Bu harfler Kur’an’daki daha geniş bir olgunun parçasıdır. Yirmi dokuz sure bu tür dizilerle başlar; İslam geleneği bunlara al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa, yani “ayrılmış harfler” veya “kesik harfler” adını verir. Dolayısıyla bunların varlığı tekil bir durum değildir; Kur’an metninin yapısında tekrar eden bir motiftir.

Bu diziler farklı biçimler alır. Bazı sureler tek bir harfle başlar, örneğin Nûn (S. 68,1); bazıları iki harfle, örneğin Ṭā-Hā (S. 20,1); bazıları ise üç, dört ya da beş harfle başlar, örneğin Kāf-Hā-Yāʾ-ʿAyn-Ṣād (S. 19,1). Bu kombinasyonların çeşitliliği, bunun mekanik biçimde tekrarlanan tek bir formül olmadığını gösterir.

Buna rağmen metin hiçbir zaman doğrudan bir açıklama vermez. Harfler bir surenin başında görünür ve ardından Kur’ânî söylem herhangi bir yorum yapılmadan devam eder. Böylece okuyucu, işlevi metnin kendisi içinde örtük kalan tekrar eden bir unsurla karşılaşır.

İslam geleneğinin söyledikleri

Müslüman yorumcular çok erken dönemden itibaren bu harfleri açıklamaya çalışmışlardır. Bazıları bunların ilahi isimlere ya da bilinen ifadelere gönderme yapan baş harfler veya kısaltmalar olduğunu düşünmüştür. el-Ṭabarî tarafından aktarılan bir rivayet, örneğin İbn ʿAbbâs’a şu yorumu atfeder: Alif-Lām-Mīm ifadesi anā Allāh aʿlam, yani « Ben, Allah, bilirim » anlamına gelir1.

Diğer bazı müfessirler ise kesin bir açıklama yapmayı reddetmiştir. Onlara göre bu harflerin bir anlamı vardır, fakat bu anlam yalnızca Allah tarafından bilinir ve insanın erişiminin dışındadır. Bu görüş, gizemi çözmeye çalışmadan koruduğu için uzun süre etkili olmuştur.

Dindar uygulamada bu harfler Kur’an’ın geri kalanı gibi okunur. Dolayısıyla varlıkları yalnızca yorum sorunu değildir; aynı zamanda ibadetin bir unsurudur. el-Tirmizî tarafından rivayet edilen bir hadis, Kitap’taki her harfin, anlamı anlaşılmasa bile ruhsal bir sevap getirdiğini söyler2.

Tarihin gözlemleyebildikleri

Modern araştırmacılar da çeşitli hipotezler ileri sürmüştür. Bazı şarkiyatçılar bunların eski yazıcı işaretleri, aktarım sembolleri veya metnin yazma geleneğiyle ilgili notasyonlar olabileceğini öne sürmüştür3. Başkaları ise litürjik, sembolik hatta kriptografik yorumlar önermiştir.

Bununla birlikte bu hipotezlerin hiçbiri kesin biçimde kabul görmemiştir. Öneriler çoktur, bazen oldukça zekicedir; ancak hiçbiri kesin bir sonuca götürmez. Yüzyıllar süren incelemelere rağmen bu harfler ne Müslüman geleneğinde ne de eleştirel araştırmalarda evrensel biçimde kabul edilen bir açıklamaya kavuşmuştur.

Bu durum dikkat çekicidir. Kur’an tefsiri, dinler tarihindeki en geniş ve en gelişmiş yorum geleneklerinden biridir. Buna rağmen Kur’an’ın en uzun suresinin ilk ayetinde bile tam anlamıyla aşılamayan bir eşikle karşılaşır.

Bu metnin ortaya koyduğu gerilim

İlk gerilim Kur’an’ın kendi içinde ortaya çıkar. Kur’an metni birçok yerde açık, anlaşılır ve anlaşılması için verilmiş olduğunu söyler. Örneğin şöyle denir: « Bunlar apaçık bir Kitabın ayetleridir » (S. 12,1) ve ardından: « Onu anlayasınız diye Arapça bir Kur’an olarak indirdik » (S. 12,2).

Ancak burada metin, anlamı bilinmeyen bir diziyle başlar. Yüzyıllar boyunca hiç kimse kesin ve herkes tarafından kabul edilen bir açıklama verememiştir. Bu nedenle gerçek bir soru ortaya çıkar: Kendini açık olarak tanıtan bir Kitap, ne metnin ne de geleneğin gerçekten açıklayabildiği bir şeyle nasıl başlayabilir?

Bu zorluk yalnızca Alif-Lām-Mīm örneğini aşar. Kur’ânî vahyin doğasına dokunur. İlahi söz hemen anlaşılır olmalı mıdır, yoksa anlamını açıklamadan önce bile kabul talep edebilir mi?

Zaten bilinen şey

Kutsal Kitap da Tanrı’nın insan anlayışını aştığını kabul eder. Peygamber Yeşaya şu ilahi sözü aktarır: « Benim düşüncelerim sizin düşünceleriniz değildir, yollarınız da benim yollarım değildir »4. Aynı şekilde Aziz Pavlus şöyle haykırır: « Tanrı’nın zenginliğinin, bilgeliğinin ve bilgisinin derinliği ne büyüktür! Yargıları araştırılamaz, yolları kavranamaz! »5.

Kutsal Kitap geleneğinde harf de vahyin ifadesinde yapısal bir rol oynayabilir. Bazı mezmurlar İbranice alfabesinin sırasına göre düzenlenmiştir: her ayet veya kıta farklı bir harfle başlar. Örneğin Mezmur 118 [119], alfabenin yirmi iki harfine karşılık gelen yirmi iki bölüm halinde düzenlenmiştir6.

Ancak Kutsal Kitap aynı zamanda vahyedilmiş sözün anlaşılması gerektiğini de vurgular. Habeş hadımı Yeşaya’yı okurken Filipus ona sorar: « Okuduğunu anlıyor musun? »7. Böylece gizem aklı ortadan kaldırmaz; tersine, açılan ve yorumlanabilen bir sözü çağırır.

Bu okumanın aydınlattıkları

Bu üç harf sonunda kendi bilmecelerinden daha geniş bir soruyu ortaya koyar. Vahiy, gizem ve anlayış arasındaki ilişkiyi sorgulamaya zorlar. Burada güven açıklamadan önce gelir gibi görünür ve metne boyun eğme, onun ne söylediğini anlamadan önce gelir.

Hristiyan geleneği de ilahi Söz’ün gizemini bilir. Ancak bunu farklı şekilde ifade eder, çünkü Tanrı’nın Sözü her şeyden önce harflerin bir dizisi ya da bir kitap değildir: o bir Kişidir: « Söz beden oldu »8.

Böylece gizem artık sadece okunacak bir işaret ya da düşünülmesi gereken bir bilmece değildir. Bir karşılaşma, bir varlık ve bir yüz haline gelir. Bu nedenle soru açık kalır: ilahi söz kapalı kalmak için mi verilmiştir, yoksa bir kişide tamamen açığa çıkmak için mi?

Kaynaklar

1 al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān : « İbn ʿAbbâs dedi ki: Alif-Lām-Mīm şu anlama gelir: Ben Allah’ım, bilenim. » — Ayrı harflerin eski bir yorumuna örnek.

2 al-Tirmidhī, Sunan : « Alif-Lām-Mīm tek bir harftir demiyorum; Alif bir harftir, Lâm bir harftir, Mîm bir harftir. » — Okunan her harf sevap sayılır.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : Yazma aktarımıyla bağlantılı eski işaretler hipotezi. — Modern araştırma çeşitli açıklamalar önermiş ancak kesin bir sonuca ulaşamamıştır.

4 Yeşaya 55,8-9 : « Benim düşüncelerim sizin düşünceleriniz değildir, yollarınız da benim yollarım değildir. » — Tanrı insan anlayışını aşar.

5 Romalılar 11,33 : « Tanrı’nın bilgeliğinin ve bilgisinin derinliği! » — İlahi bilgelik insan aklını aşar.

6 Mezmur 119 [118] : her kıtası İbranice alfabenin sırasını izleyen alfabetik mezmur — Kutsal Kitap duasında alfabenin sembolik kullanımına bir örnek.

7 Elçilerin İşleri 8,30-31 : « Okuduğunu anlıyor musun? » — Vahiy aynı zamanda anlayışı da çağırır.

8 Yuhanna 1,14 : « Söz beden oldu. » — Hristiyan inancında Söz bir kişi olur.

Références

1 Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān : « Ibn ʿAbbās a dit : Alif-Lām-Mīm signifie : je suis Allâh, le Savant. » — Exemple d’interprétation ancienne des lettres isolées.

2 Al-Tirmidhī, Sunan : « Je ne dis pas qu’Alif-Lām-Mīm est une lettre ; Alif est une lettre, Lām est une lettre, Mīm est une lettre. » — Chaque lettre récitée est considérée comme méritoire.

3 Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorāns : Hypothèse d’anciennes marques liées à la transmission manuscrite. — La recherche moderne a tenté plusieurs explications sans conclure définitivement.

4 Isaïe 55,8-9 : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins. » — Dieu dépasse la compréhension humaine.

5 Romains 11,33 : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! » — La sagesse divine dépasse l’intelligence humaine.

6 Psaume 119 [118] : psaume alphabétique où chaque strophe suit l’ordre des lettres de l’alphabet hébreu — exemple d’usage symbolique de l’alphabet dans la prière biblique.

7 Actes 8,30-31 : « Comprends-tu ce que tu lis ? » — La révélation appelle aussi l’intelligence.

8 Jean 1,14 : « Et le Verbe s’est fait chair. » — Dans la foi chrétienne, la Parole devient une personne.